Jeudi 19 novembre 2009
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Toujours le 21 septembre 2009
Puis nous continuons la promenade en montant sur la digue car la ville de Gaoyou est évidement séparée du canal
par cet ouvrage.
D’ailleurs si l’on en croit Marco Polo, cette
digue était déjà élevée entre le canal et la campagne :
"Quand on part de Coigangiu (l’actuelle Huai’ai) on va une journée vers le Sirocco par une "chaussée qui est à
l’entrée du Mangi (la Chine du Sud) et cette chaussée est faite de très ‘"belles pierres. Et touchant la chaussée sur un bord et sur l’autre, il y a eau : à savoir "d’un côté un vaste
marais, et de l’autre des marécages et l’eau profonde sur laquelle on "navigue. En la province du Mangi ne peut-on entrer fors par cette chaussée, ou bien en "naviguant comme fit le capitaine du
Grand Can, qui démonta toute son armée en cet "endroit. Ainsi pendant une journée on trouve bien des gens le long de cette route ; et au "bout de cette journée on trouve une cité nommée
Paughin (l’actuelle Baoying) et qui est très belle "et très grande … Il y a quelques chrétiens nestoriens qui ont là leur église. Ils ont de la "soie en grande abondance. Il s’y fait assez de
drap de soie et dorés de maintes façons. "Ils ont de quoi vivre largement".
Amarrés en pointe sur la digue, quelques bateaux ont été transformés en restaurants. Il est l’heure de déjeuner, des paquets de bouteilles d’eau minérale sont à leur porte, mais la
couleur de l’eau sur laquelle flottent les embarcations et avec laquelle j’imagine qu’ils font bouillir quelques mets,
n’est pas engageante du tout. Nous partons donc à la recherche de la gargote
qui pourra nous offrir quelque chose de plus réjouissant … bien que … !
Alors nous allons au centre de Gaoyou et nous en trouvons une dont la cuisine est au rez-de-chaussée et la salle à
manger au premier étage.
Toujours le souci de se retirer au calme
pour prendre son repas : chaque table, flanquée de deux bancs, est entourée d’un rideau qui peut se tirer pour s’isoler. Avec l’aide de Monsieur Ma, je choisis un bol de soupe dans laquelle
nageront des nouilles et quelques morceaux de viande.
Pour boire,
il n’y a que de l’eau chaude. Je dois aller à l’extérieur pour acheter une bouteille d’eau minérale. J’ai une grande satisfaction, la vendeuse me comprend quand je prononce le mot "shui" qui veut
dire eau.
De retour sur la digue, nous apercevons quelques péniches amarrées en pointe et de nombreuses embarcations sur
lesquelles des gens vivent en famille. Ils font la cuisine sur un foyer au charbon, la vaisselle dans l’eau du fleuve et dorment là.
L’extérieur est sale mais l’intérieur est bien rangé comme sur un petit
voilier où l’espace est toujours restreint. On les voit plier la toile, enlever le panneau sur lequel ils viennent de prendre le repas. Il ne doit pas y avoir beaucoup de place pour les matelas
et la nuit !
La route est large, bien dégagée, toute droite. Le seul ennui, ce sont arbres. Ils sont partout cachant aussi bien
la campagne que le canal. Quand je dis les arbres, il n’y a que des peupliers, l’essence la plus usitée, et souvent la seule.
Le soleil daigne enfin, percer les nuages. Les couleurs reviennent. Je fais souvent arrêter la voiture pour
photographier les trains de péniches, bien que si longs et si bas sur l’eau, j’ai beaucoup de mal à les faire tenir dans l’objectif !
Les industries sont nombreuses, souvent de l’autre côté, celui qui jouxte le
lac qui, lui, est toujours aussi invisible.
La largeur du canal est
toujours la même. Il y a souvent trois trains de péniches qui se croisent ou se dépassent sans compter celles qui font cavalier seul. Le guide m’assure qu’en certains endroits il y a même des
embouteillages !
Nous stoppons près d’un chantier naval. Nous pénétrons dans une entreprise très artisanale comme j’en verrai
beaucoup, le long du canal.
Ici quelques ouvriers, peu surpris par
notre intrusion, construisent les coques à même la boue. J’ai la surprise de voir le plan des couples en réduction tracés en lignes blanches sur une tôle peinte en rouge et posée sur le sol.
L’hélice et le gouvernail sont mis en place en même temps que
montent les tôles.
Les cordons de soudures ne seraient peut-être
pas tous acceptés par le Bureau Veritas !
Au bout de deux mois, le bateau est achevé, il est mis à
l’eau au moyen de coussins d’air. La photo ci-dessous montre un ouvrier qui n'a pas peur de porter du lourd !
Un train de péniches vides passe au même moment. Il est plus rapide que les autres, car le remorqueur s’en donne à
cœur joie. En regardant à travers le zoom, il apparaît que toutes les coques sont percées : des avaries lors d’un précédent trajet, elles montent au Nord vers un autre chantier qui
leur appliquera des rustines.
En général, les péniches sont de gros calibres, de dimensions standardisées. Les écluses doivent les leur imposer.
Car le canal traverse de nombreuses rivières et fleuves, notamment plus au Nord, le Fleuve Jaune.
L’eau a la couleur blanchâtre de la boue.