Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /Nov /2009 09:58

21 Septembre 2009.

 

C’est aujourd’hui que commence vraiment le trajet que j’avais déterminé pour suivre et donc me rendre compte de la grandeur du Grand Canal Impérial ainsi que du trafic qui y circule.

Quand j’avais préparé mon itinéraire et présenté mon désir à la Maison de la Chine de longer une partie de cette voie d’eau, les correspondants pékinois avaient répondu qu’aucune route n’approchait le Canal. Pourtant la carte de l’IGN montre une route dûment numérotée entre Yangzhou et Shuyang en passant par Gaoyou, Baoding et Huai’an. Et effectivement quand je discute avec mon nouveau guide qui est arrivé juste après le départ de Madame Ling hier soir, il me confirme bien que nous allons emprunter cette route nationale à ma grande satisfaction. Je pourrai donc faire arrêter la voiture où et quand je le désirerai.

 

J’entre donc ici dans le vif de mon voyage.

 

Ce matin, réveil à six heures et demie. Je récupère mon linge propre. Et pour le petit déjeuner, un jus d’orange chaud, évidemment ils ne connaissent pas l’eau froide !!, un pain bizarre et un café qu’aimablement, le guide, Monsieur Ma, au courant des penchants des occidentaux pour ce breuvage, a apporté de chez lui. Nous partons sous la bruine. Dommage pour les photos. Mais bon, c’est le voyage et la météo n’est pas à ma botte.

Il m’annonce qu’il m’emmène ce matin sur un site intéressant.

 

Il s’agit d’un complexe hydraulique puissant dont l’objet est de réguler les masses d’eau, dans un sens ou dans l’autre. Des pompes créent un courant, et les vannes comme celles que nous avons vues tout à l’heure sont réglées pour donner un sens au courant. Tantôt elles dévient les masses d’eau vers le Yang Tsé Kiang, tantôt elles portent l’eau du fleuve dans les campagnes ou dans les canaux pour irriguer les terres. En outre ce système sert aussi à maintenir le niveau d’eau dans le Grand Canal. Eh bien allons-y. On verra bien.

 

Sous la pluie et sur une route nationale, donc parfaitement encombrée de cyclistes, de motocyclistes, de pauvres gars qui tirent des charrettes à bras, de camions aussi et d’autres triporteurs, de flaques en tout genre, nous progressons lentement.

 

Rapidement, nous arrivons à l’un des ouvrages dont je parle plus haut. C’est un barrage mobile qui fonctionne dans les deux sens. Du côté sud, c’est une route qui concentre le passage du trafic routier, côté nord, nous barrant la vue sur la campagne inondée, une série de portiques en béton, gros œuvre, qui par le moyen de câbles soulèvent ou abaissent des plaques verticales de béton (soixante cinq, dont quarante ouvertes en ce moment), agissant comme des vannes. Je fais arrêter la voiture et m’en vais à pied suivi par Monsieur Ma. Nous discutons d’abord avec un homme en uniforme, gardien ? policier ? qui nous apprend que le barrage a été nommé d’après un pont qui était construit en aval "Pont des dix milles bonheurs". Très bien, il mais nous explique encore ce gars là, le pont fut détruit par les Japonais pendant la guerre tuant des centaines de civils. Est-ce pour rejeter le mauvais sort que le nom resurgisse ainsi, quelques centaines de mètres en amont alors que le souvenir de l’événement devrait être enfoui dans les mémoires ?

Le spectacle qu’offrent les trottoirs est pittoresque. Des pêcheurs nombreux accoudés ou penchés sur la balustrade métallique, plongent leurs lignes robustes et rudimentaires dans les remous. Ils ferrent avec facilité des carpes assez grosses. Elles se trémoussent quelques instants sur le goudron et les piétons qui eux aussi sont légion, se frayent un passage entre elles, les cannes à pêches et les haveneaux, en évitant de se faire happer par les véhicules qui les éclaboussent. Personne n’a l’air gêné par la pluie, les imperméables sont de sorti, c’est tout. Plusieurs de ces pauvres gens éclatent de rire en considérant cet Occidental qui marche sur ses pattes de derrière alors qu’il devrait se tenir sur le siège arrière d’une voiture !

Ma, avec une air de dégoût m’affirme que ces poissons ne sont prisés que par eux, les pauvres. Mais il ajoute aussitôt que la soupe concoctée avec les têtes de ces mêmes poissons est très goûtée par les riches !

 

Le temps est si bouché que seuls les cirés dont se couvrent les deux roues du guidon au porte bagage, donnent un peu de couleurs.

 

Les vannes des dix milles bonheurs s’étendent sur plus de deux cent mètres. A quelques dix mètres en contrebas de la route, le courant boueux est fort. Nous sommes en train de regarder tout cela quand nous entendons une sirène, un signal qui avertit les pêcheurs et les bateliers dans leurs barques que les vannes vont être manœuvrées. Les minuscules sampangs sont manifestement habités. Quelques nattes ou des feuilles de plastiques tendues (plus ou moins) sur des arceaux métalliques (peut-être) protègent tant bien que mal des gens qui doivent faire le métier de pêcheurs aussi.

Sur l’autre rive, un marché de rue se tient à même le trottoir, des poissons, des crabes, des tortues et même des hérissons, tous par espèces dans des cuvettes de plastique couvertes de filets pour éviter des sauts et des disparitions qui amoindriraient la valeur du "capital".

 





 

 

 

 




Reprenant la voiture pour un petit kilomètre, nous la quittons à l’entrée du complexe hydraulique. Nous parcourons à pied les cinq cent mètres qui nous en séparent. Les aménagements de cette arrivée doivent être splendides sous le soleil : des arbres, des fleurs et des bosquets piquetés de nombreux bancs pour jouir de la vue, sur une terrasse ceinte de balustrades de pierre. Les Chinois m’étonneront toujours par leur souci de la grâce et de la beauté.

 

Cet ensemble comprend quatre "îles" reliées entre elles par quatre salles de machines renfermant chacune sept turbines faisant fonctionner des pompes destinées à créer un courant dans un sens ou dans l’autre, comme le montre le schéma ci-contre. Pour l’heure, cette batterie quadruple ne fonctionne que quelques heures par jour, suivant le niveau de l’eau du fleuve ou la hauteur des précipitations. Les pompes, au nombre de trente huit ont une capacité totale de quatre cent mètres cube par seconde. Ce complexe est lié à un chaînage de canaux et de rivières qui dessert une surface de six cent mille hectares. En plus des quatre batteries de pompes, douze barrages levant, trois énormes tubes souterrains, quatre écluses et deux voies spéciales pour les poissons. Un nouveau canal de quatre vingt dix kilomètres de long le relie au Yang Tze. Le premier barrage a une capacité d’évacuation de sept mille quatre cent mètres cube par seconde.

Actuellement le complexe est utilisé uniquement (et ce n’est déjà pas mal) pour réguler le niveau d’eau entre le Fleuve et l’intérieur. Cet énorme by-pass est composé de ponts/vannes comme celui sur lequel nous venons de franchir qui permettent d’inverser le courant, l’eau étant poussée vers le fleuve ou au contraire vers les canaux de l’intérieur.

Nous sommes reçus très aimablement par le responsable de la station. Mon ancien titre de capitaine au long cours est un sésame efficace. Ne comprenant pas forcément pourquoi je m’intéresse à l’installation, il nous fait entrer avec un grand sourire et demande à un de ses acolytes de tout nous montrer. Je ne suis pas déçu en pénétrant dans la salle des turbines. Odeur de graisse neuve, dans une propreté remarquable. Le sol et les murs ont été récemment recouverts de couleurs pâles vertes et bleues. Chaque turbine d’un gris plus soutenu. Comme dans une salle des machines de bateau, un pont roulant permet les opérations de maintenance.

Si la puissance de ces quatre batteries semble disproportionnée avec le temps d’utilisation c’est qu’il était déjà prévu au moment de la construction, une nouvelle destination. Des travaux ont en effet, été engagés récemment pour creuser un canal à ciel ouvert destiné à alimenter avec celle du Yang Tse Kiang, la région de Pékin qui manque de plus en plus d’eau. Quand le canal sera ouvert, les pompes fonctionneront à plein temps.

C’est un travail pharaonique aux quels vont être attelés des populations entières. Mais j’ai été étonné d’entendre de la part du directeur que les travaux vont devoir être plus longs que prévus, car la population de certains villages refuse de se laisser déplacer, ça alors, c’est tout de même un peu fort !  Théoriquement la fin de ces travaux est prévue pour l’an 2012.

 

A neuf heures et demie, nous quittons le complexe qui donne la mesure du gigantisme du pays. Le long de la route, beaucoup de rizières et encore plus de piscicultures. Il paraît que les paysans gagnent mieux leur vie avec le poisson qu’avec le riz.

 

Nous longeons le canal. La navigation est très importante. Dès le premier coup d’œil, ce sont des trains de péniches, pleines ou vides, des trains qui se croisent et ou se doublent. La voie est au moins aussi large que la Saône. Elle est balisée par des tours blanches et rouges lumineuses car la navigation ne s’arrête jamais. Le trafic est intense. Du riz, de la terre, du minerai peut-être, mais aussi des ferrailles, du bois, du gaz, du carburant, essence sans doute, du charbon évidemment. Les péniches qui naviguent seules doivent être propulsées par des moteurs puissants. Presque des chevaux échappés d’une écurie de course. Leurs étraves ressemblent d’ailleurs plus à celles des bateaux du Rhône que celles des péniches normales. Gris vert, ou vert délavé, très germanique. Avec le ciel bruineux, le paysage est plutôt morose.

Chacune est montée par un équipage familial.

La cuisine fume et les ménagères s’affairent.

Les péniches sont amarrées l’une derrière l’autre par un entrelacs de cordages vieillots. Les poupes et les proues (toutes également perpendiculaires à l’axe longitudinal au niveau du pont) sont maintenues les unes contre les autres au moyen de défenses pour donner une certaine souplesse à ce long ruban de bateaux.

 

Les deux rives sont bien différentes l’une de l’autre. Le canal "coule" entre deux digues d’une élévation de sept à huit mètres. La route sur laquelle nous roulons, une belle route bien asphaltée, nous emmène au Nord. Nous roulons à l’Est du canal. En contrebas, de nombreuses agglomérations, d’innombrables habitations et leurs petits jardins, apparaissent parfois quand le rideau d’arbres veut bien s’écarter. Côté Ouest, une langue de terre (que je vois sur la carte) montre une plantation continue de peupliers. Ces arbres cachent totalement l’immense lac de Gaoyou, qui se trouve au loin et que je ne verrai jamais. Nous aurons ce paysage jusqu’au milieu de l’après midi.

 

La petite ville de Gaoyou nous ouvre ses portes à dix heures et demie. Gaoyou est une ville située en contre bas et à l’Est de la digue. On y a retrouvé des vestiges datant de sept mille ans. Elle a toujours été un point de passage et de ce fait était une des stations de la poste impériale.













Ici, elle s’étendait sur trois milles mètres carrés. Au temps des Ming, deux cents employés et cinquante chevaux logeaient dans une cinquantaine de maisons. Un musée de la Poste y est entretenu, un pauvre musée à l’aune du nombre de visiteurs ! Aucun guide n’est rémunéré pour faire la visite. On se promène dans un ensemble de bâtiments de bois et de torchis, flanqués de balustrades en bois, couverts de toits à crêtes sculptées. Une tour surplombe sa partie centrale et renferme un tambour. Ailleurs ce ne sont que des salles au rez-de-chaussée. Chaque maison, on pourrait presque parler de kiosque, sont reliées entre elles par des chemins empierrés. Chacune, de dimensions bien modestes, renferme un lit clos, une ou deux chaises, une table. Des panneaux indiquent qu’ici logeait le médecin, là le vétérinaire, là les palefreniers, ici les cavaliers, les cochers dormaient dans un dortoir, une salle un peu plus grande était le logement du directeur. J’ai encore la surprise de voir, pendue à une cloison de la "salle de passage", une affiche rappelant que Marco Polo a fait escale ici. On donne même le chapitre 143ème du "Devisement du Monde", où il évoque Gaoyou.

 








Mais il y a aussi les commodités, la cuisine et les toilettes, que j'ose vous montrer car elles vallent leur "pesant d'or"                                                             


 



    




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La ville offre le spectacle que toute ville au monde présente à l’heure du déjeuner : la sortie des écoles. Mais ici, c’est spécial car chacun vient récupérer son enfant en vélo ou en triporteur. Et chacun cela fait beaucoup. Un amoncellement d’engins montés par des hommes et des femmes, vieux et jeunes, tous revêtus d’imperméables donnant à cette foule une touche bigarrée. Elle est tellement dense que j’ai du mal à me frayer un chemin, sans pourtant m’empêcher d’avancer pour mieux voir les enfants. Silence est impressionnant, pas de précipitation, en rang deux par deux, souriants. Une belle discipline, qu’exercent sans contrainte apparente les maîtresses, bien différente de la presse dans laquelle attendent les parents.

 

 
Par Marc Soviche - Publié dans : Le blog de Marc Soviche
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Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 15:41

 

L’après-midi est consacrée à la visite d’un musée, ce qui n’était pas prévu au programme. Il est plein d’intérêt. Quelques belles pièces en bois, en, jade, en céramique.


 












Un très beau vase de porcelaine d’un bleu profond et décoré d’un dragon blanc est donné comme un trésor national et la plus belle pièce de ce musée. Sous la dynastie des Yuan, quand le cobalt était non seulement rare mais disponible uniquement par importation. La technique n’était pas encore bien au point. Il fallut une grande imagination et beaucoup de courage pour fabriquer une telle pièce.

 

Un peu plus loin, une grande salle recèle les restes d’une embarcation extraite en 1960 de la boue d’un affluent du Yang Tse, à Shi qiao. Elle est faite d’un seul tronc creusé, longue de 13,65 m de long, de 75 cm de large, et 56 cm de profondeur. Selon les chroniques de la dynastie Tang, chaque année voyait se produire un festival et l'on y montrait les bateaux dragons sur le Yang Tze. Les bateaux dragons de Yangzhou n’étaient pas seulement vendus au loin mais aussi offerts comme tributs.

 

Un étage entier est consacré aux débuts de l’imprimerie. Des personnages de plâtre grandeur nature semblent peupler les ateliers. Assis ou debout devant des tables, ils manient leurs instruments, montrent les différentes opérations qui aboutissent à la fabrication d'un livre.

Gravent des blocs de bois, assemblages, encrage des parties sculptées en relief et application enfin sur elles de feuilles de papier.

Ceci suppose qu’ils aient eu des lames ou des poinçons assez solides et acérés pour le découpage les blocs dans du bois dur, et y effectuer la gravure des caractères ; cela suppose aussi que la fabrication du papier soit un art connu depuis longtemps. Il a fallu en effet marier les deux procédés. Les Chinois se sont attelés à cette tâche quand le bouddhisme s'est répandu dans le pays, il fallait que les sutras soient présents dans tous les temples. Tel fut le premier rôle de cette industrie. Puis les poèmes classiques prirent la relève.

 

Sur les dernières marches de l'escaler monumental, nous sommes accueillis par les trois sages dont les Chinois honorent la mémoire, Socrate, Confucius et Gautama-Sakyamouni.

 

Un panneau fait la synthèse des procédés d'écriture, on y voit notamment un texte écrit sur une carapace de tortue 








Les textes explicatifs sont nombreux. Je signale tout de suite que ce que l’on voit à chaque poste de travail, est déjà du travail à la chaîne et l'on remarque que les femmes sont aussi nombreuses que les hommes. 

Cette industrie, qui permit la connaissance et l’expérience, en même temps qu’un apprentissag généralisé de la lecture, fut la base sociale de la Chine. D'elle découlèrent les règles qui déterminèrent pour la première fois les caractères chinois. L’invention de la brosse à passer l’encre, du bâton à encre et du papier, la maturité des techniques d’impression par le sceau ou par frottement furent le matériel de base des conditions techniques de l’invention du cliché d’impression.

 

Les tessons de poterie, les carapaces de tortues, les os d’animaux par gravure, les vases de bronze, le bambou, la soie, ,par estampage furent les premiers supports de l’écriture. Le papier apparut sous la dynastie des Han de l’Ouest. Mais ses bandes et ses belles applications ne s’étendirent pas avant que Can Lun eut inventé le papier Cai Hou, une sorte de papier de qualité.


L’invention du papier joua un rôle très important dans l’expansion de la connaissance humaine et de la culture. Ce fut non seulement un vecteur idéal pour l’écriture, mais aussi un matériau inégalable pour l’impression.

 

Le développement du cliché d’impression a suivi deux voies différentes. D’un côté, la propagation du bouddhisme a accentué le besoin de copier en grande quantité des images de Bouddha et des écritures bouddhiques ; de l’autre un large public avait un besoin de calendriers. La combinaison des techniques de l’impression par sceaux et par frottement, donna naissance au cliché d’impression.

 

dOn utilisait des clichés gravés et des clichés en relief. Le premier procédé demande qu'un tissu soit placé entre deux clichés « incisés » avec le même dessin, l’encre est introduite dans les espaces incisés.

Pour l’impression en relief, le cliché n’est pas gravé en creux, mais le dessin à imprimer est surélevé et encré. L’impression est réalisée en pressant la soie contre le cliché.

L’impression en relief et le cliché d’impression sontdes procédés identiques si ce n’est que l’encre et les matériaux d’impression sont différents.

 

 


 

D’abord barbouiller la plaque d’épreuve avec la pâte. Puis, enduire de pâte le papier qui est posé sur la plaque. Quand la pâte a séché, enlever en frottant le surplus de pâte pour faire apparaître clairement les caractères à l’envers sur la plaque.

 

Quand on en est à l’impression, on fixe la plaque sur la table. La brosse est légèrement trempée dans l’encre et avec elle on barbouille la plaque en relief, on étend immédiatement une feuille de papier blanche sur elle. On brosse ensuite le papier avec une brosse longue ou une raclette. Alors on retire la feuille de papier imprimée, qui est laissée à sécher à l'air. Les caractères ou les dessins sont maintenant imprimés sur la feuille de papier à l'endroit.

 

On doit appliquer une forte pression sur la plaque d’impression pour colorier une vaste surface de la plaque. Les anciens Chinois avaient acquis une habileté dans ce domaine en appliquant une pression sur le dos du matériel à imprimer avec la brosse. Dans le but de colorier l’impression, les Chinois inventèrent la chromatographie.

 





Et un peu de l'histoire de ces clichés d'impression nous est racontée sur les panneaux.


D'après Hu Yingling, sous la dynastie des Ming "les clichés d’impression inventés sous les Sui, puis popularisés sous les Tang, étendus pendant les Cinq Dynasties, sont parfaitement développés sous la dynastie des Song". (Hu Yinglin, sous la dynastie des Ming).


Sous la dynastie Ming, les clichés d’impression colorés furent développés et la technique du cliché d’impression en bois fut menée à un point tel que la technologie moderne put l’imiter de très près. Sous la dynastie des Qing, sa demande fut très étendue. Des formes variées de matériaux d’impression furent inventés pour satisfaire à l'ensemble des besoins de la vie sociale. Elles jouèrent un rôle éminent dans la promotion et la normalisation des caractères, dans la solidarité nationale, dans l’unité de la nation et l’expansion de la civilisation.

 

Sous le ministère de Feng Dao, premier ministre de la dernière dynastie Tang, Tian Min fut chargé de publier l’intégralité des Neuf Classiques de Confucius. Première fois dans l’histoire que les Classiques de Confucius furent imprimés. Ceci marque le début des clichés d’impression officiels.

 

Les empereurs de la dynastie Tang, étaient entichés de taoïsme et obsédés par l'éternité procurée par l’élixir de longue vie. Le ministre Ge Ganquan croyait en une pilule dragon/tigre. Pour elle, il imprima des milliers de livres intitules "Biographie de Liu Hong" en vue de fabriquer des pilules d’immortalité, consacrés aux meilleurs alchimiste. Ils sont les premiers spécimens de clichés d’impression privés.

 

Les clichés d’impression des Xi Xia

Les Xi Xia, un état fondé pendant les premières années de la dynastie des Song par les peuples de nationalité Dangdiang, (ces fameux Xi Xia ou Xia de l'Ouest dont j'ai visité le voyage précédent les somptueux tombeaux. Gengis Khan les avaient combattus six fois et avait fini par les vaincre l'année de sa mort en 1227, avec destruction totale de la population et de la ville de Ning Xia, aujourd'hui celle de Yinchuan légèrement à l'Ouest de la boucle du Fleuve Jaune). Vous voyez ci-dessous, d'une part une vue des tombeaux impreeionnants tombeaux des rois Xi Xia et d'autre part l'étendue de cet empire (la boucle du Fleuve Jaune est sur la droite de la carte), Cet état très bouddhiste, augmenta sensiblement la collection de livres dans les temples. Les travaux d’impression et les impressions privées y furent très populaires. Les livres imprimés chez les Xia de l’Ouest couvraient un large éventail de sujets et étaient très utilisés. La technique du cliché d’impression s'éleva à un très haut degré et fut déployée parmi les dynasties des minorités.

Ci-contre des casiers rotatifs dans lesquels étaient placés les divers caractères.


Sous les Qing, quelques marchands de sel offrirent une aide financière pour le travail qui permit l’impression des lettres. Ma Yueguan et Ma Yuelu, des frères bien connus, dépensèrent une fortune pour des enquêtes sur les moyens de parvenir à réaliser cette impression. Ils "sponsorisèrent" l'impression des "Classiques de Confucius", oeuvre monumentale de Zhu Yizun, et la publication de plusieurs autres travaux comme les "Origines des Caractères Chinois", "un Dictionnaire exhaustif des rimes", "l’appréciation des Caractères", "Yu Pian", etc. Leurs livres furent si populaires parmi les lecteurs qu’ils furent honorés du nom de "Collection Ma".

 

Cao Yin imprima des livres sous le nom de La Maison d’Edition de Livres de Yangzhou. Il écrivit, dans la préface de "Zhou Yi Ben Yi , je reçus l’ordre d’établir une maison d’édition à Yangzhou". Ceci indique qu’en plus de la Maison d’Edition des Poètes de Yangzhou, il y eut donc cette Maison d’Edition de Livres à Yangzhou. Cao Yin est le père de Cao Xueqin qui écrivit le célèbre "Rêve dans le Pavillon Rouge", il y relate l'histoire de sa famille.

 

Nous descendons d'un étage et trouvons quelques belles petites satuettes d'époque Tang (618 - 907).












Un tableau représente l'un des empereurs arrivant en bateau à Yangzhou parmi la liesse populaire; il s'agit ici de l'époque beaucoup plus récente des Qing. et enfin, le clou de la visite (pour moi, l'Occidental) est un assemblage évoquant Marco Polo. Il résida en effet dans cette ville en tant qu'administrateur (peut-être de la gabelle ?), trois années de son séjour au pays de Kubilai Khan.

Le musée se donne même la peine de montrer le périple du Vénitien

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Et puisque nous sommes dans un ancien port important, une maquette de chantier naval présente la constructiuon de vaisseaux travaux apparemment faits en série , car la demande était immense, pour transférer les denrées abondantes au Sud vers  un Nord nettement moins fertile.

 

Inévitablement, nous devons passer par la boutique avant de retrouver l'extérieur. Je passe quelques minutes très drôles, assis sur le rebord d'une table basse entouré d'une vendeuse et de mon guide avec la photocopie d'un poème écrit sur éventail, un jeu dans la bonne société. A ma demande, ils essayent de traduire ces vers. Quelques visiteurs s'agglutinent à notre petit groupe. Mais le guide, malgré l'aide de la vendeuse, m'avoue qu'il ne connaît pas assez de mots pour me traduire le poème en entier. Un des étudiants chinois de l'université du Havre pourra peut-être le faire avec plus de succès ! Un très bon moment, hors du temps. Mais un essai, sans beaucoup de succès, de pénétrer la culture de l'époque Tang.

 

 

 

 

 

A la sortie de ce grand musée, (et ils le sont tous, dès qu'une ville atteint une certaine importance), nous sommes entourés de magnifiques statues de bronze, figures d'hommes célèbres, mais bien inconnus du béotien que je suis. Pourtant le personnage dont la statue est ci-dessous à droite, représente un certain Shi Kefa qui, à la tête de la population de la ville combattit l'arrivée des émissaires Ming. Il fut vaincu et la population, avec lui, fut passée au fil de l'épée. Beaucoup de prestance, visage énergique.

 

 

 

 

Et en arrivant sur l'esplanade, une surprise de taille : l'ancien et le moderne se côtoient chevaux Tang et gratte ciels.

La journée se termine. Une promenade le long de canaux, sous de vertes frondaisons, nous conduit à un marché. Là sont exposés à la vente, des animaux de compagnie, chiens et oiseaux au milieu de plantes en pots. 












La suite c'est une conversation inattendue, assis sur un banc de pierre proche d'un carrefour. Depuis quemlques minutes, mes questions portaient sur la révolution culturelle. Mon guide ne se dérobe pas et nous passons une bonne demie heure à parler de ce temps où la Chine sous l'impulsion de Mao, perdit dans une famine atroce, plus quelques sévices, trente millions d'âmes.

 

Le soir dîner en ville dans un restaurant du nom de Coffe Rio. La seule langue st le Chinois. Heureusement qu'une passante parlant anglais me voit en difficulté et me détaille le menu, elle me demande d'où je suis, j'essaye de la faire deviner. Elle ne  trouve pas et quand je lui dis que je viens de France "oh France, so romantic". C'est vraiment un truc qui nous colle à la peau. Mais impossible d'avoir une bouteille d'eau minérale. Je me rabats sur un verre de thé vert, lu cha. Il vaut le même prix que le plat que je viens d'absorber !

Et après une petite demie heure au "business center" de l'hôtel pour envoyer mon message journalier à mon épouse et quelque dizaines de minutes à regarder la télévision dans ma chambre après avoir branché tous les chargeurs de batteries..



Par Marc Soviche - Publié dans : Le blog de Marc Soviche
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Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /Oct /2009 09:01

Je suis de retour sur la terre de ses ancêtres, même s'ils n'ont jamais vécu en Normandie. Je suis en train de trier les 1558 photos ramenées de mon dernier voyage en Chine très différent des deux autres. Il m'a permis entre autres choses de mieux cerner la manière qu'ont les paysans de cultiver leurs petits lopins de terre, jamais plus de 1300 m² chacun, deux fois plus s ils sont mariés et trois fois plus s’ils ont un enfant. J’ai aussi visité de beaux musés racontant la vie du pays sous des aspects toujours nouveaux. J’ai pu constater que la volonté du Gouvernement est suffisante pour mettre en route des projets gigantesques, comme construire un canal qui doit partir d'un point un peu plus nord que Shanghai pour acheminer l'eau douce du Yang tse vers Pékin qui manque d'eau, il y a tout de même un peu plus de 1100 kilomètres. J'ai pu me faire expliquer le réseau de canaux qui irriguent les terres du delta du Yang tse ou qui draine l'eau vers la mer quand il a trop plu. Le Gouvernement a décidé aussi de construire un TGV destiné à relier ces deux villes en 5 heures au lieu de neuf. Eh bien toutes les piles de ce pont sur pilotis montent ensemble sur cette même distance et en 2012, le train sera mis sur les rails. D'ailleurs, ils nous ont acheté un TGV et ils le copient consciencieusement. J’ai voyage dans un train inter cité en seconde classe ce qu'un occidental ne peut faire en général. Moi qui croyais me trouver parmi une foule grouillante, sale et crachant, j’ai pénétré dans un wagon ressemblant en tout point à une cabine d’avion de ligne !

J’ai aussi copieusement visité la campagne et me suis trouvé en relation avec des gens souriants, avenants, m’invitant à déjeuner, récoltant leur maïs en entrant dans les champs et en cassant un à un les épis qu'ils emportent dans des sacs et les faire sécher sur leurs murs ou dans leurs cours.
J ai visité des jardins que des mandarins repus de la vie de fonctionnaires ont fait construire pour y passer une retraite parmi des pierres levée, des bosquets savamment organisés, des "lacs" de 25 m². J ai visité un musée consacré au Grand Canal Impérial, creusé de mains (beaucoup, beaucoup) d'hommes depuis avant Jésus Christ et qui au cours des siècles a pris des dimensions gigantesques jusqu'à être plus large que la Saône. Il est le chemin qu’empruntent de grosses péniches aux moteurs puissants ou de trains de dix ou quinze unités. Là-dedans circulent toutes les marchandises que le Nord appelle du Sud et réciproquement. Il y a des chantiers navals un peu partout.
J'ai côtoyé Marco Polo dans deux villes bâties sur ce Canal.
La ville de Jingdezhen m’a permis de voir comment est né la porcelaine grâce à cette argile que nous nommons d'après son nom chinois, le kaolin. Sous les Ming c’est à dire entre le 14è et le 17è siècle, l'apogée de cette fabrication s'est fixée sur ce qu il est convenu d’appeler la porcelaine blanche qui n'a de blanc que les espaces laissés par les circonvolutions des dragons et des plantes peintes en ce bleu si caractéristique que nous connaissons bien ici. La porcelaine est tellement fine que chaque pièce en est translucide.
Visité aussi une fabrique de couvertures de soie à Suzhou : faites à partir des cocons où se sont logées deux chrysalides jumelles. Elles s’enferment dans ces enveloppes qu'elles tissent en entremêlant leur fil de 1500 mètres chacun. >Pour cette raison, il est impossible de dévider le cocon. Aussi ces cocons, représentant 3% de la quantité de cocons recueillis, étaient jetés à la poubelle. Depuis le début du vingtième siècle, une méthode astucieuse a permis de les utiliser en fabriquant des couvertures chaudes à souhait. J'en ai ramené une.
J’ai assisté dans un théâtre de Shanghai à une représentation d’acrobates : tours d'assiettes, de diabolos, de verres posés en équilibre sur les pieds, la tête et les mains. Des équilibristes aux pirouettes hallucinantes.

Dans la ville de Xuzhou j’ai pu admirer des pierres que la dynastie des Han de l’Ouest (deux derniers siècles avant Jésus Christ) gravaient pour les tombeaux de leur morts.

Puis j’ai gyrovagué dans la plaine de l’Est à partir de là, m’arrêtant souvent dans des villages éloignés de la route et regardant, ébahi, comment les paysans chinois récoltent à la main, sèchent les épis ou les grains dans leurs cours ou sur les routes.
Enfin, j'ai mieux compris la nécessité d'un Gouvernement fort (sans pour cela dire que le Parti est la seule méthode). Ils sont en train de préparer la grande fête du soixantième anniversaire de la fondation du parti en Chine, donc de la RPC, République Populaire de Chine. A la télévision on ne voit que cela, le moindre détail est montré en boucle accompagnés de chants martiaux, exécutés tous à l'unisson par toutes les armes en uniformes, des présentations de spectacles à la TV, enfin tout un arsenal qui vu entre les lignes, donne absolument l'idée que le Gouvernement central veut redorer son blason. Des individus de toutes les ethnies se donnent la main avec un plaisir et des sourires trop parfaits pour être vrais. Cela ressemble à de la méthode Coué pour que la Chine présente au monde un seul peuple, et qu'elle gagne le concours commercial de l’avenir. Les uniformes ne sont que déguisement de masse. Ces spectacles magnifiques (mais oui) où se mêlent dans un ordre parfait toutes les casquettes, tous les grades, tous les visages de marbre, sont de la parade et non de la préparation à une guerre hypothétique. Cette force, le Gouvernement la recherche pour le commerce, pour mettre dans sa poche le dieu de la richesse, de la longévité, du bonheur qu'ils vont tous prier (rapidement) dans les temples.
Pourtant ce qui force le respect, c'est la fierté qu’ils montrent d'appartenir à un immense pays à un grand peuple. On dirait que la mémoire leur fait défaut et que les atrocités commises en si grand nombre dans les soixante dernières années jusqu’à celles de la place Tien an men ont disparu, parfaitement oubliées, (elles ont d’ailleurs été savamment cachées et jamais apprises aux jeunes). Ici, il n'est pas question de paresse ou de laisser aller : tout jeune qui se respecte, et ils se respectent tous, travaille sans que ses parents aient besoin de les pousser car ils savent que c’est l’unique moyen de gagner de l'argent, donc d'avoir ce que leurs parents n'ont jamais eu. Pour le moment, il semble vraiment que ce soit leur seule préoccupation.
Enfin, en plus de cette fierté qui surgit à chaque instant, en chaque lieu, je suis subjugué une fois de plus par l'art dont ils font preuve dans toutes leurs réalisations environnementales ... en dehors des gratte-ciels qui encombrent, (mais le terme est-il exact ?) vraiment les quartiers d'habitation. Les fleurs et les bosquets bordent les avenues, la verdure embellit souvent les balcons.
Et leur détermination ! Il faut les voir traverser à pied ou en bicyclette, ou en tricycle, une rue a quatre voies : jamais ils n'hésitent, ils passent, ils trottinent et passent. Très impressionnant

Jamais eu de pluie, chose étonnante dans le pays subtropical traversé. Pékin est à la latitude de Naples, et tout ce que j'ai visité se trouve au Sud !

Voilà, je vous ai à peu près tout dit, maintenant je me mets à mes photos pour en titrer la substantifique moelle et vous quitte en vous adressant toute mon amitié.

Marc

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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /Oct /2009 14:07

Dimanche 20 septembre 2009

Le jardin "Ge"

 

 

Après une excellente nuit, la première depuis que je suis en Chine, j’ai donc enfin avalé le décalage horaire. Et pourtant il y a beaucoup de bruit dans les rues, notamment des pétards très tôt le matin ! et des klaxons. Heureusement, la chambre est au huitième étage.

Un million et cent mille personnes habitent cette ville.

 

Elle date de trois mille ans. Sous les Han, elle était le fief des princes de la famille impériale. Sous les Sui, au septième siècle, la ville est très prospère. L’empereur Sui, Yang Ti a donné l’ordre de creuser le canal entre Yangzhou et Loyang. Il venait pour admirer les îles, mais il a été assassiné car il était trop cruel.

Sous les Tang, la ville a continué à prospérer grâce au sel marin qui était récolté en grande quantité. Son transport était facile et la ville bénéficia aussi du stockage de cette denrée importante non seulement pour l’économie de la région, mais aussi (et surtout !) pour les finances de l’Empereur.

La population atteignait à cette époque le chiffre considérable de 300 000 âmes, la troisième ville après la capitale Chang’an.

 

Marco Polo a administré cette ville pendant vingt ans sous le grand Khan Kubilaï.

 

La nouvelle équipe m’emmène au Jardin Ge.
Voilà encore un jardin extraordinaire et je comprends mieux le terme de "chinoiserie" qui fut donné à tous les objets et souvenirs venant de Chine. Rien d’humiliant pour les Chinois, au contraire, traduisons-le comme un sentiment d’émerveillement devant des réalisations que nous n’avons jamais été capables de concevoir.

 

Ce jardin encore en est un excellent exemple. Il résume l’ouvrage de deux millénaires. Sous les Han, c’est vieux, certains ont commencé à ordonner, à domestiquer la nature pour leur propre plaisir.

 

Il se trouve que c’est à Yangzhou que commença cette frénésie. L’eau est partout, les lacs parsèment le pays, le lac Taï, généreux donateur de rochers percés, n’est pas loin et que le bambou se plait dans ce climat subtropical.


 










Marco Polo est passé par là. Il n’en dit pas grand-chose mais au chapitre 145 du "Devisement du Monde", on apprend ceci :

 … Alors on trouve une noble et grande cité qui est appelée Yangiu. Et sachez qu’elle est si grande et si puissante qu’elle a bien sous sa seigneurie vingt sept cités grandes et bonnes, et de grand commerce. En cette cité siège l’un des douze barons du Grand Can, l’un des gouverneurs de provinces mentionné plus haut, et qui sont dignitaires de tout premier rang. Ils sont idolâtres. Leur monnaie est de papier et ils sont au Grand Can. Et Messire Marco Polo lui-même, celui de qui traite ce livre, eut seigneurie de cette cité pendant trois ans, en lieu et place d’un desdits barons, par ordre du Grand Can ; Ils vivent de commerce et de métiers, car il s’y fait en quantité énormes harnois de chevaliers et d’hommes d’armes. Car je vous dis très véritablement, qu’en cette cité et aux alentours demeurent maints hommes d’armes que le Sire fait habiter là".

 

Marco Polo parle souvent du sel de cette région maritime dont le Grand Khan recevait une part importante de taxes.

 

Mon guide me rappelle l’influence sur les jardins du peintre Shi Yao l’un des "Huit Excentriques". Comme l’écrit François Sheng à propos de ce très grand peintre chinois : "Shi Tao n'a cessé de se portraiturer sous l'apparence de ces hautes tiges de bambou qu'il ne se lassait pas de contempler; il s'est appliqué en quelque sorte à devenir bambou lui-même pour tenter de rejoindre l'Unité enfuie qui si souvent manquait à son âme".

En quelques lignes, voici l’histoire de ce peintre qui eut une telle influence sur la conception des jardins : confié à l’âge de trois ans à un monastère bouddhiste, alors que toute sa famille est assassinée au changement de dynastie Ming / Qing en 1644, Shi Tao s'y initie à la pensée bouddhiste, ainsi qu'à la calligraphie. En 1651, il entame une vie de voyage, accompagné d'un serviteur du nom de Hetao, qui pourrait être celui qui l'a sauvé lors de la mort de ses parents. Plus tard, de 1662 à 1664, il est l'élève de Lü'an Benyue à Songjiang une localité située à quelques dizaine de kilomètres au Sud Ouest du Shanghai d’aujourd’hui. Celui-ci l'envoie ensuite à Xuancheng, au sud ouest du lac Nanyi où Shi Tao reste 14 ans, de 1666 à 1679. Au milieu de ces paysages montagneux, il a peint quelques unes de ses œuvres majeures. Il fait de fréquents voyages à Yang-chou durant cette période.

De 1689 à 1691 ou 1692, il vit à Pékin où il apprend à connaître les classiques chinois. Il exerce à ce moment-là également une influence décisive sur les huit excentriques de Yang-chou.  Devenu un maître, reconnu par ses pairs, il se retire pourtant dans une simple chaumière près de Yangzhou, où il restera jusqu'à sa mort en 1707. Une lettre adressée à son parent Zhu Da, peintre également, donne à penser qu'il pourrait avoir renoncé à sa vocation de moine et avoir fondé une famille. Il vit de ses peintures, de calligraphie et de la conception de jardins. Notre Cézanne s’est inspiré de ses peintures.

Les jardins furent prospères sous les Qing et cette fois c’est moins ancien. Sous l’empereur Qianlong, ils devinrent un lieu de rencontre entre la population et le pouvoir car c’est là que l’empereur faisait un séjour au cours de ses pérégrinations dans ses états.

 

Malgré les guerres, et alors que certains jardins en furent détruits, le jardin Ge et quelques autres subsistèrent.

Il est intéressant de remarquer que c’est un riche marchand de sel qui, en 1818, le reprit à son compte. Il privilégia le bambou. Et comme les feuilles de bambou ressemblent au caractère chinois Ge, le jardin prit le nom de ce caractère à partir de ce moment. A l’origine, plus de cent types de bambous y figuraient, mais aujourd’hui il ne reste que quelques espèces.

 

Le bambou mêlé à des rochers de différentes couleurs sont des fantaisies qui suggèrent chacune des saisons de l’année. On parle de « roches des quatre saisons ». Ce jardin est unique en Chine. Si le jardin regorge de pierres, celui-ci donne vraiment la prééminence au bambou. Roches tarabiscotées et linéarité du bambou. Grandeur du Nord et délicatesse du Sud.

 

Mais revenons au jardin. Du centre émerge Yiyu Xuan d’où on peut contempler les roches du printemps,







celles de l’été ,

 

 

 

 

de l’automne











et de l’hiver.


 

Douze blocs de roches, plus ou moins associées à la forme d’animaux et surmontées de bambous, symbolisent la renaissance au printemps. Des roches à la sculpture exquise du lac Tai érigées près d’un bassin planté de lotus représentent la beauté du Sud en été. Puis des pierres jaunes (trouvées près du Huang Shan, le mont jaune), aux formes pleines de hardiesse, sont utilisées dans le plus grand empilement pour représenter la douceur de l’automne. Enfin, voici l’hiver : des roches piquetées de quartz et scintillant dans la clarté du soleil font penser que la neige n’a pas encore fondu. Heureusement à travers une porte ronde, la porte de la lune, on aperçoit les bambous du printemps et le cycle se poursuit.

 

 

Les sentiers qui sortent de cette maison au centre du jardin, sont empierrés, et de nombreuses figures y sont dessinées, le double sapeck, symbole de la richesse à venir, les chauve-souris, symboles du bonheur.

 











Puis l’on entre dans l’intimité de la vie familiale.

On y voit la cuisine avec ses réserves d’alcool, son fourneau typique que je reverrai dans la campagne, quelques jours plus tard, ses bouches à feu et ses woks

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En cheminant nous passons par de magnifiques salles toutes de bois vêtues, des claustras, des panneaux pivotants, des sentences pendues le long des huisseries, les colonnades élancées et les lumignons de papier.

 

 

 

                  

               

Shou Xi, ou le lac maigre de l'Ouest.


En marchant vers le Shou Xi, "maigre" en comparaison du lac immense qui baigne Hangzhou, devenu parc d’attraction, nous sommes devant l’ancien embarcadère impérial. Mon guide, Ma, me dit que sous les Tang, la ville comptait 300 000 personnes, elle a continué à prospérer grâce au sel marin récolté dans la région en grande quantité. Le transport était facilité par le Grand Canal et la ville bénéficiait aussi du stockage de cette denrée importante non seulement pour l’économie de la région, mais aussi (et surtout !) pour les finances de l’Empereur. Elle était aussi le grand marché à blé de la Chine. Elle était la troisième ville de l’empire après Chang’an et Chendu.

Il me parle aussi du temps présent : au centre de Nankin le mètre carré pour un appartement de 100 m² est de 2 000 euros, dans la banlieue il n’est que de 800. Mais un paysan gagne quelques 10 000 yuan par an, 1 000 euros ! Comment peut-il quitter sa campagne pour des prix pareils. Il semble que le Gouvernement les aide en leur offrant la moitié du prix, mais c’est encore beaucoup. Et pourtant, les immeubles ne cessent de pousser, les huisseries manquent encore, mais la vente ne va pas tarder.

Revenons à Shou Xi. L’empereur Kang Xi aimait à s’y rafraîchir, il est passé là cinq fois, et son successeur Qianlong de même. Mais ces deux empereurs sont de la dynastie des Qing, la dernière avant la République proclamée en 1911.

C'est d'ailleurs Qianlong qui a baptisé ce lieu, Shou Xi et les marchands de la cité lui ont construit ce pont couvert de cinq pavillon pour le refrichir dans la brise. 

 

Des fleurs en pots, des parterres de fleurs rouges, des touffes d’herbes très vertes, des magnolias et des saules, et une grande allée empierrée. Une grand-mère promenant deux petits enfants a revêtu son habit du dimanche : elle ressemblerait plutôt à un Pierrot. Et nous arrivons à l’eau. Comme dans le parc Bei Hai à Pékin, les embarcations de tout genre sont innombrables. Des jeunes femmes attendent les clients pour remplir leurs sampans qu’elles manœuvre à la godille. En voici le détail.



          Des bateaux dragons poussés par un moteur sillonnent la longue rivière et passent sous des ponts dont la voûte s’élève haut à tel point qu’il faut au piéton monter de nombreuses marches pour en atteindre le sommet. Mais quelle récompense quand il contemple la vaste vue qui s’offre à lui. Au loin un pont recouvert de cinq pavillons commandé par l’empereur qui aimait regarder le calme de l’endroit tout en ressentant la brise rafraîchissante sur son visage.

               Ce pont est le point extrême de notre promenade, qui, tout du long, nous a procuré l’ombre des nombreux arbres. Le jardin qui était impérial puis propriété de la ville a été, dans les dernières décennies, donné au peuple pour son divertissement. Et les gens sont nombreux à en profiter . Mais une fois de plus nous nous promenons dans le calme ; la foule est peut-être nombreuse, mais il n’y a pas de cris, les mères ne crient pour arrêter la course de leurs enfants, il n’y a d’ailleurs pas de courses et peu de mères d’ailleurs. Les grands-parents sont là.

 

 

 

 

 

 

 

 

Et comme la mi-journée est passée, il faut aller se restaurer :

 

 

 

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Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /Oct /2009 09:35

19 septembre 2009

Après le petit déjeuner où le jus d'orange chaud vient avant ou après un oeuf dur et un oeuf frit, des pommes de terre, du pain et du beurre et même de la confiture, je retrouve Ling et le chauffeur. Ce dernier a craint un incident hier quand je sortais mon bras par la fenêtre ouverte aussi m'interdit-il calmement mais fermement la place avant ...!
Bon, route vers le Nord, très gêné par le manque de vue. La ville porochaine n'est pas loin, nous restons sur l'autoroute.

A dix heures et quart, nous entrons dans Wuxi. (Petit rappel historique : jusqu'en 25 après Jésus Christ, elle était appelé Youxi, car "il y a" ou "il y avait" de l'étain, mais après elle prit le nom de Wuxi car il n'y eut plus d’étain, ("il n'y a pas") : signification des deux mots chinois You et Wu). Cette ville jouxte à l'Est le grand lac Tai (prononcez Traï). Et nous arrivons rapidement au Jardin de la Prune : Plutôt une presqu'île qui a été aménagé au début du siècle dernier par deux industriels, Rong Zongjin et Rong Desheng. Ils avaient acheté un petit verger de pêchers pour le transformer en un jardin fleuri avec l'idée de "contribuer à la suavité du monde". Ce jardin est un joyau enserré dans les collines des alentours, où l'on peut jouir des fleurs toute l'année. Fleurs et plantes rares, devenu un site historique.
Promenade très agréable sous un ciel encore un peu laiteux, parmi des collines boisées et des rochers clairs. Beaucoup d'arbres fruitiers, des pruniers en particulier, c'est bien le moins, mais qui ne fleurissent que fin janvier ! Evidemment la date de mon voyage est assez mal choisie, mais je ne suis pas venu ici que pour admirer les fleurs de pruniers.

Nous sommes à la veille du soixantième anniversaire de la prise du pouvoir du parti communiste. Le Gouvernement veut en faire une manifestation monstre. La télévision ne cesse d'en parler et de montrer des images de la préparation dans tout le pays. Des ouvriers s'affairent ici, accrochent des lanternes, montent des estrades, gonflent des boudins de dragons, et des arcs couverts de caractères qui magnifient certainement ce parti qui a fait de la Chine une vraie puissance. D'autres nettoient les parterres.

Comme partout le week end, les gens flânent avec leurs enfants. Beaucoup de mariés viennent se faire photographier. Les sentiers évidemment tous empierrés, le sont d'une manière très artistiques. Ling me dit même que marcher sur ce chemin de galets galets délasse la plante des pieds ! Ils sont bordés de pierres calcaires dressées et anguleuses de toute taille.
Un gros caillou, comme on dirait à Lyon, est gravé de trois caractères dont le sens m'est donné par la guide : xiao (petit), luo (direction), fu (flottant) : celui qui a fait graver ces mots, était un être humble qui n'avait jamais bien su dans quelle voie diriger la vie.
Nous arrivons en haut de la colline, et nous trouvons là, la maison qu'a fait construire l'un des deux industriels, il fut ministre au cours de sa vie. Ling tient à m'immortaliser à côté de son buste !                                                                L'architecture est traditionnelle en ce sens qu’elle fait soutenir le toit de tuiles par des poutres perpendiculaires à la façade.   Mobilier d'époque, moins de cent ans en arrière, fauteuils et tables de sombre palissandre aux sculptures tarabiscotées, dossiers ornés de plaques de marbre. La pièce à l'entrée est aménagée avec les sempiternels fauteuils de chaque côté d'une petite table, mais le bouddha qui trône en général sur l’autel, est remplacé ici par une pierre du lac posée sur un pied de palissandre.
De la terrasse, le spectacle agreste est un mélange d’oeuvres humaines et naturelles, le toit d'un kiosque perce les frondaisons. Les cigales les percent aussi, mais de leur crissement strident. Tout en cheminant, nous passons à côté de nombreux toits ailés soutenus par de frêles colonnes, des familles s'y abritent des rayons d'un soleil devenu ardent.
La descente continue et nous arrivons à un étang bordé d'un chemin de pierre en zig  zag menant à un autre kiosque. Puis nous arrivons au niveau du lac Tai Hu. C'est dans ce lac que des gens ont placé les grosses pierres il y a des centaines d'années pour que l'action de l'eau les trouent et en fassent ces oeuvres d'art naturelles qu'apprécient tant les lettrés. Mais je ne suis pas très sûr de la traduction de Ling : ne s'agirait-il pas, plutôt, de pierres trouvées tout simplement au fond et extraites à cause de leurs formes biscornues, et cela est plus vraisemblable, taillées par l'action de l'eau au cours des siècles.

Nous changeons de spectacle, mais ce sont toujours des parcs et des jardins. Cette fois, nous sommes plus près du lac Tai, ou Taï Hu. Dans le temps, la navigation y était intense, et je croyais à la chance de voir des jonques sous voiles. Malheureusement aujourd'hui, aucune n'est à portée de vue. Mais nous découvrons l'un de ces bateaux "remisé" dans une petite anse, barrée par un câble flottant. J'ai bien peur que ce ne soit la dernière offerte aux yeux d'un public épris de vieilles choses ! Ses formes et le nombre de ses mâts sont intéressants. On n'hésitait pas à l'époque, d'ailleurs l'état du bois de sa coque montre à l'évidence qu'elle n'est pas très ancienne, à diviser l'action de la force du vent en ferlant ou en déployant successivement les voiles de faibles surfaces. les mâts sont courts, et quelque fois sont ils deux plantés à bâbord et à tribord sur la même traverse. pas de haubans.
Quel étonnement pour le marin occidental que je suis. Puis nous avançons et au détour du chemin, j'ai la surprise de voir trois jonques beaucoup plus neuves et manifestement construites pour promener le touriste. Elles sont munies de dérives latérales pivotantes comme sur les bateaux hollandais. Mais ce sont des caisses : les bordés sont très peu incurvés à l'avant et à l'arrière, si bien que l'étrave et la poupe sont faites de planches, dont la longueur est à peine inférieure à celle du maître bau, et clouées perpendiculairement à l'axe du bateau. Quand on pense que l'amiral Heng he, au quinzième siècle, a traversé les océans jusqu'à la Mecque et Mogadiscio avec des bateaux dans ce genre ... seulement plus grands ! Six fois il a mené ces aventures et pour réparer ses bateaux, il faisait clouer des planches de bois neuf sur l'ancienne coque ! Cela fait rêver, ou cauchemarder, c'est selon.


                                                                                                                                                                                                               Quelques bassins et quelques bâtiments voisinent avec ces jonques. Des lotus, et un pont dans le lointain. Je teste le zoum de mon nouvel appareil en prenant dans l'alignement de cette arche, un ibis entre le pont et moi.

Sur Internet, j'avais eu vent d'une spécialité de la ville : des statuettes en terre cuite. J'en vois quelques unes dans certaines échoppes. Elles semblent être des poupées conventionnelles répondant à quelque histoire pour enfants. Des couleurs trop criardes et de la terre trop fragile pour voyager.

Au détour d'un chemin, tout à coup, Ling avec un geste large du bras, voici votre ami. Une très belle statue de Xu Xiake. Wuxi fut sa ville natale. C'est le voyageur qui, au début du dix septième siècle a gravi une bonne partie des montagnes de Chine et a raconté ses péripéties. Ce fut le guide qui m'a fait connaître le Huang Shan et le Wu tai Shan.

Parmi les bambous et sur une côte escarpée tombant directement dans le lac Tai, nous montons au sommet de l'île de la Tortue. Il paraît qu'elle en a pris le nom d'après sa forme. Ling me confirme qu'elle n'est nommée ainsi que depuis un siècle ou deux. Il m'étonnait de penser que les Chinois anciens aient pu donner à un lieu le nom de sa forme sans la voir de haut.
De très nombreux touristes locaux déambulent en famille et se font prendre en photos devant la tortue de bronze et devant la stèle qui la décrit.






Il est midi et demi quand nous sortons de ce parc. Je me serai cru sur les bords de la Méditerranée. Mais Ling a faim et le fait savoir, vite vite elle a faim, il faut s'arrêter au premier super marché. Je ne vais pas, comme elle m'acheter un hamburger au magasin Auchan du coin. Oui, vous avez bien lu, Auchan. Nous l'attendons un petit quart d'heure dans la voiture climatisée pendant que des gens dehors se dessèchent même à l'ombre d'un haut-vent. Elle est de retour avec le geste bien connu : la main tient le sandwich et les lèvres avancent pour ne pas laisser le temps à la miette de tomber ! En tout cas elle y mord voracement. Nous sommes maintenant à la recherche d'un restaurant au milieu d'un quartier d'immeubles en construction ou achevés mais vides. Impression de ville morte.                                                                                                                                               Pendant un temps interminable, un embouteillage incompréhensible. Disons que la raison m'en reste inconnue.
Peu avant trois heures de l'après midi, un estaminet nous ouvre enfin les bras, des gens y sont encore attablés. Je m'installe, l'estomac dans les talons. Bien sûr je reste seul, mais Ling choisit pour moi : dans u n grand bol, des oeufs en omelettes couvrant des champignons et des pâtes. Les oeufs baignent un peu dans l'huile, mais bon, j'ai faim moi aussi.

Puis nous continuons à monter dans le Nord, mais ce n'est pas si facile car, j'avais négocié avec le chauffeur soixante pour cent d'auto route et le reste en route natiuionale, pour ne pas dire petites routes. Alors nous en sommes aux petites routes !
Le chauffeur ne cesse de demander si la route (nationale) abouttit à un pont sur le Yang Tse qui s'étire devant nous. Mais les routes sont coupées, ou des murets derrière lesquels nous apercevons des travaux en interdisent le passage. Si bien qu'après plusieurs tentatives, force est de nous rabattre sur l'auto route.
Mais avant d'y arriver, j'avise à quelques encablures de la route, un village et je décide de m'y arrêter.










Je suis tout de même venu dans ce voyage pour prendre des photos de la campagne

Ling veut bien m'accompagner tant que nous restons entre les maisons, mais dès que je m'engage dans les champs, elle refuse catégoriquement de me suivre. A elle de m'attendre à l'ombre.
C'est l'occasion de marcher parmi les petites parcelles de maïs ou de riz, les jardinets minuscules, et de longer un étang dans lequel un type, l'air bien désoeuvré, suit attentivement le mouvement immobile du bouchoun alors qu'il tient à la main une canne à pêche qui n'est qu'une branche tordue.

Quand je reviens, Ling a fait quelques pas à ma rencontre, mais elle m'avoue avoir une peur incontrôlée des chiens dans la campagne. Il parait qu'un de ses collègues a été méchamment mordu, il y a quelques mois. Disons que j'ai eu de la chance !


Nous traversons le Yang Tse Kiang sur deux immenses ponts suspendus. Comme la voiture roule sur l'auporoute, il n'est pas question de l'arrêter pour prendre quelques photos ! Nous ne sommes pas loin de son embouchure, le fleuve est très large, beaucoup de péniches et de navires de mer, et sur les rives de nombreux chantiers de construction ou de réparation. Grosse activité industrielle.


A dix huit heures, nous arrivons à l'hôtel Motel à Yangzhou. Je donne leurs gratifications au chauffeur et à la guide qui me remercient grandement disant qu'ils n'ont fait que leur travail. Pourtant, ils ont été très coopératif et charmants. Elle me quitte rapidement pour retourner à Suzhou d'où elle partira demain pour Pékin, je suis peut-être son dernier client. Car elle va plaider sa cause pour obtenir son visa et s'envoler vers le Québec où elle espère rejoindre son mari.

Rapidement le nouveau guide se présente, encore un francophone. Avant le dîner, nous programmons, carte en mains, ce que nous allons faire et visiter au cours des trois jours prochains. Je suis heureux d'apprendre que la route qui longe le grand canal existe bien alors que les correspondants pékinois de la Maioson de la Chine m'avaient fait savoir que l'on ne pouvait approcher cette grande voie d'eau. Je vais donc pratiquer l'itinéraire tel que je l'avais prévu dès le départ. La carte IGN de Chine m'est donc d'une sérieuse utilité.
Et le soir, activité plus terre à terre, je donne mon linge à laver puisque je reste ici deux nuits.





 

 

 

 

 

 

 

 

 


Par Marc Soviche - Publié dans : Le blog de Marc Soviche
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  • : Voyages en général dans la campagne chinoise. Le dernier en septembre 2009. La ville de Jingdezhen où a commencé la fabrication de la porcelaine, puis la soie à Suzhou, puis la campagne en remontant le long du Grand Canal Impérial jusqu'à Pékin tout en marchant à droite et à gauche.
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