Le blog de Marc Soviche

Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /Oct /2009 11:30

Wuyuan.

 

Le lendemain, 17 septembre, est consacré à la région de Wuyuan à soixante dix kilomètres de Jingdezhen, où des villages typiques sont encore debout, (mais le sont-ils depuis longtemps : ce sont des questions que l'on ne pose pas) pour l’émerveillement du touriste. La pluie est de la partie le matin, mais elle ne dure pas et le climat tropical ou presque, son soleil et la moiteur reprennent leurs droits. 

 

Les collines très boisées, aboutissent brutalement sur de petites plaines qui s’enfoncent dans les vallées. Vallées qui montent par paliers plans vers des extrémités invisibles. Les rizières les occupent intégralement. Vert tendre contre vert rude des feuillus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les villages sont intensément touristiques, je serai toujours le seul Occidental, dans cette foule qui déambule entre des étals couverts de parasols

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

et une petite rivière emplie de radeaux de bambous fraîchement construits.

Des camions en transportaient, sans doute pour des activités touristiques plus proches du Yang Tse.

 

La vie du village de Likeng est tournée vers la production d’objets de camphre dont le parfum s'envole en subtiules volutes. Tabourets que des artisans assemblent sous les yeux des badauds, statuettes, animaux, jusqu’aux chutes de découpes qui doivent avoir de telles vertus qu’elles sont proposées en masses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La rue principale, si je peux dire, est la rivière canalisée entre deux sentiers empierrés le long desquelles sont établies des boutiques d'herbes, de fleurs séchée, d'alcool (même des bocaux dans lesquels baignent des serpent de  bonnes tailles)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le blanc des murs (malheureusement entaché de moisissure) contraste avec le gris des tuiles. Ces couleurs assez ternes, mais bien chinoises, sont relevées par les feuilles vertes des camphriers qui poussent partout et quelques lanternes rouge..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lecommun des mortels continue sa vie journalière sans s'occuper le moins du monde des passants,ils lavent leur linge ou leurs légumes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous déjeunons sur une terrasse au premier étage d’une maison. Sa situation en haut du village permet la vue sur ces bâtisses collées les unes aux autres. Pour une fois, le guide, le chauffeur et moi, déjeunons ensemble. Des graines de tournesol, des poissons de la rivière séchés au soleil baignant dans une sauce un peu épicée, des haricots noirs et l’inévitable riz blanc. Excellent et agrémenté d'allées et venues des enfants en bas âge de la maison.

 

 

L’après midi est consacrée à une bonne balade dans les environs, dans les rizières arrivées à maturité. Les sentiers de terre sont à peine assez larges pour que deux personnes se croisent. L’une d’elles ne voulant pas se faire prendre en photo me demande dix yuan, un euro. Plus loin, des paysans ramassent le riz à la faucille et l’égrainent avec un engin rudimentaire, espèce de remorque munie d'un barreau transversal sur lequel le faisceau de paille de riz est battu. .

 

Au retour, nous passons sur un pont couvert d’un autre âge. Et ces artistes de Chinois ont construit un sentier de pierres dressées un peu plus loin, sur lesquelles les piétons sont invités à cheminer tout en admirant le pont d’en bas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La suite, c'est l’arrivée à l’aéroport d’où l’avion me porte à Shanghai. Mais l’heure est celle des retours des hommes d’affaire. Il suffit de prendre un taxi pour rentrer à l’hôtel. Ouais, bien sûr t’as qu’à croire ! Je ne blague pas : la file (large d’une personne) fait au moins trois cent mètres, peut être plus. Alors une jeune femme avise l'Occidental qui n’en finira pas d’attendre son taxi. Elle me propose pour deux cents yuan (20 euros) le double de la somme qu’a pris mon taxi au départ, une voiture de louage qui me mènera beaucoup plus rapidement. C’est vrai, mais la seule anicroche, c’est que je suis obligé de lui montrer par où passer aux approches de l’hôtel. Il m'en remercie avec beaucoup de gratitude !!

 

 

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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /Oct /2009 09:03
La ville de Jingdezhen,


ou la bourgade de l’Empereur Jingde, s’est construite autour de la découverte d’une argile dont le nom chinois a donné en Français, le mot Kaolin. Tout d'abord, je suis surpris de voir que dans le centre de la ville,  une grande partie du mobilier urbain est recouvert de plaques de porcelaine, quel luxe ! L’activité, à l’heure actuelle, a nettement diminué mais on y trouve encore des vestiges aussi bien archéologiques qu’un musée vivant. La poterie a commencé sous les Song, puis Yuan, c'est-à-dire la dynastie Mongole qui a pris la direction de la Chine au XIIIe et XIVe siècle. Pourtant la véritable porcelaine a vu le jour sous la dynastie Ming, puis sous les Qing plus proches de nous. On visite d’abord les vieilles fondations d’un four de brique dont les murs sont en partie détruits. Mais une reconstitution murale présente la disposition de cette construction de grandes dimensions telle qu’elle devait exister en état de marche. Autour de ces fondations antiques quelques pièces retrouvées dans les fouilles sont exposées dans des vitrines. On y voit des poteries du temps de la dynastie des Song, des Yuan,
















c'est-à-dire des Mongols à partir de la fin du XIIIe siècle, puis quelques tessons du temps des Ming et même de la dernière dynastie, celle des Qing, qui ont terminé leur carrière en 1911 avec l’avènement de la République.

Nous étions un peu en dehors de la ville, aussi reprenons-nous la voiture pour poursuivre la visite dans le musée vivant. Malaxage et mélange de l’argile, puis la poterie proprement dite. Tournage de bols ou d’autres objets. Les bols en particulier ont une finesse remarquable. Mis à sécher en ligne de file sur d'étroites planches à l’air libre pour les durcir en ligne de file, ils s’entassent sous des claies où l’aération
est abondante . L’objet est ensuite placé sur un tour actionné à la main par un ouvrier. Contrairement à ce que l'on voit en général, le tour actionné par le pied du potier, la vive rotation est donné au lourd plateau par un bâton que l'ouvrier insert dans une encoche. Posant sur le pivot central un "couvercle" de terre durcie, il pose dessus le bol et l'appuyant d'une main, et de l'autre, ôte les aspérités des surfaces avec une sorte de lame métallique bien aiguisée. La séquence suivante est la glaçure (enduit qui donne à certaines matières apès cuisson, un aspect vitrifié ou glacé) sur la quelle des peintres vont se livrer aux dessins des premières images. Il est ensuite posé avec d’autres qui ont subi la même préparation, pour être enfourné plus tard dans le four. Chaque pièce est posée sur nun mlit de sable noir (pour éviter le collage), dans un cylindre de poterie qui comporte un fond.                                     

Les cylindres sont ensuite empilés dans le four. Cette opération primordiale exige la fabrication d’un nombre important de pièces et il faut vingt quatre heures pour remplir le four où a position de chaque pile est fonction de la température nécessaire et du temps de cuisson que l’artisan désire. Pour obtenir une bonne cuisson il faut atteindre 1450° Celcius. La cuisson dure environ vingt heures. Le four étant refroidi, on en retire les cylindres, puis les pièces qui présentent maintenant l’aspect lisse demandé et un blanc éclatant. Les premières figures dessinées auparavant apparaissent "en filigrane".

Alors un autre artiste armé de sa collection de pinceaux,

     termine le dessin avec des couleurs dont lui seul connaît la touche finale une fois que la pièce sera de nouveau soumise à la chaleur du four. J’ai compris que cette nouvelle opération devait atteindre la température de 700°. Des tas de bûches attendent à l’extérieur. Elles proviennent de ce pin à chair rouge que chez nous on appelle le Wellingtonia ou le pin Douglas. C’est paraît-il le meilleur bois pour mener le four à ces températures élevées.

ci-dessous le croquis d'un de ces anciens fours.
Mais ils n'ont pas changé beaucoup depuis les siècles.


Des ouvriers reconstruisaient la cheminée.

Les resserres d’époque, "bien sûr", dans lesquels sont entreposés les cylindres de fabrication, sont merveilleusement de guingois. Les poteaux et les poutres ressemblent à ceux d’une galerie de mine,












et il est remarquable de constater une fois de plus que le Chinois ne connaît pas la voûte. Il remplace ce dispositif par un assemblage vertical de branches de plus en plus longues posées les unes sur les autres. Mais ces Chinois sont aussi efficaces pour montrer en réel, leurs vieilles maisons traditionnelles, murs blancs, tuiles grises dont les embouts sont moulés avec des dessins géométriques. Les murs perpendiculaires aux façades montent au dessus de toits pour empêcher la propagation d’incendies éventuels.


Ces maisons sont enserrées dans de merveilleux jardins comme ces gens inventifs savent toujours et partout les dessiner. Enfin la visite s’achève par un puits, symbole de l’eau dont la qualité est primordiale pour celle de la porcelaine. Mais nous sommes en Chine et rien ne s’achève vraiment sans passer par la porte étroite qui conduit aux boutiques de vente. J’y ai vu de très belles choses, des services de tables impossibles à utiliser dans nos pays. Ici il y a des bols de diverses grandeurs, des assiettes multiples, des cuillers. De grosses pièces comme des vasques ou ces espèces d’amphores qui décorent un grand nombre de demeures ici. De grands plats ronds, des jattes profondes. Enfin une multitude d’objets dont je me serais bien doté si je ne m’étais pas dit : "mais comment vais-je transporter tout cela". J’y ai admiré aussi des paravents de soie décorés de très fines broderies : oiseaux aux couleurs chatoyantes et autres animaux. Quelle chance, il n’y a pratiquement pas de représentations bouddhiques. Je me suis fait expliquer aussi la fabrication de ce que l’on nomme chez nous la porcelaine à grains de riz. Pas de grains de riz, mais des trous percés avec soin dans l’objet sorti des mains du potier. Ces orifices emplis de la glaçure dont le potier enduit la pièce toute entière, donneront l’illusion de grains de riz. Ce fut une excellente promenade qui dura toute la journée, enfin presque car l’ avion n’avait décollé qu’avec une heure et demie de retard de Shanghai, si bien que j’ai atterri vers onze heures et demie ! Mais cet excellent moment passé dans les entrailles de la tradition augurait bien du voyage.
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  • : Voyages en général dans la campagne chinoise. Le dernier en septembre 2009. La ville de Jingdezhen où a commencé la fabrication de la porcelaine, puis la soie à Suzhou, puis la campagne en remontant le long du Grand Canal Impérial jusqu'à Pékin tout en marchant à droite et à gauche.
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