26 septembre 2009
Nous sommes à peine sortis de la ville que Zhou doit demander sa route. J'en profite encore pour photographier ces quelques moutons à grosses queue, visiblement en train de
manger n'importe quoi.
Un champ de coton en pleine maturité. les fleurs s'ouvrent. Une femme les cueille et les met dans son tablier retroussé. Son mari, dans l'ombre fait de
même.
Depuis ce matin, je suis à la recherche d'un sac léger pour emporter plus commodément les objets que j'achète
ici ou là. Ce n'est pas dans mon sac à dos déjà plein comme un oeuf, que je pourrai tout mettre. Nous essayons plusieurs magasins dont un qui ne vend que
des toiles à sacs en gros rouleaux. Et ces toiles en plastiques sont évidemment rayées de blanc, de rouge et de bleu. Ce sont celles que l'on voit partout sur les camions, dans les champs pour
protéger les récoltes, sur les tricycles pour servir de bâches. Enfin la couleur nationale des bâches. Bon mais nous sommes bredouilles une fois de plus jusqu'à arriver dans ce village, où la
place de la gare est parsemée d'étals qui proposent beaucoup de jouets.
Cette sculpture est pour le moins curieuse dans une région où je n'ai vu que les moutons photographiés tout à l'heure. Trois moutons, un mâle, une brebis et un agneau. Que peuvent-ils
représenter ? Zhou m'explique que trois moutons ensemble sont la promesse de richesses. Ah bon. C'est tout. Où sont les grands hommes sur les places des grandes villes ou celles des petits
villages ? Mon esprit habitué à regarder ces objets de mémoire ne s'émeut pas plus que cela devant cette nature presque morte érigée au dieu de la richesse.
Finalement, au fond de la place, un magasin propose des sacs de toutes les sortes et tous décorés d'un animal de Disney, je trouve mon bonheur à 7 yuan c'est à dire 0,8 euros ! Je peux
maintenant envisager de réunir tous mes achats passés et futurs et être rassuré pour les embarquer autrement qu'en vrac, dans le prochain avion pour la France.
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Toujours ces deux roues montés par la famille toute entière.
Plus loin, nous pénétrons dans un temple qui recèle d'après les guides, la plus vieille pagode de Chine. Nous
sommes à Nangong. Un très ancien centre de commerce. Le temple habillé de vermiullon (ou de cinabre) nous accueille par le son de versets psalmodiés par des moines. Malheureusement, ces
sons de basse continue se taisent et quand nous approchions de la salle de prière, et quand nous y pénétrons, elle est vide. Les coussins ont encore la forme des genoux. Ils ont dû passer par
une porte dérobée car nous ne les apercevrons pas.
Regardez ci-dessous, ce mur élevé devant la porte circulaire. Même disposition que dans les maisons anciennes :
il faut cacher, aux yeux du public, la cour de la maison familiale. Ici, dérober aux regards des profanes, l'activité intime du monastère.
Et voici la fameuse pagode, bel édifice mais peu entretenu comme le reste des cours et du monastère lui-même. Ce
vieil homme qui semble être un moine mais qui n'en porte pas l'habit, est le seul être vivant que nous avons croisé, avec un chat errant !
Nous avions obliqué à gauche de la route pour visiter ce monastère taoïste.
En le quittant, nous sommes dans la campagne et très vite je fais arrêter la voiture devant un chemin qui
s'éloigne de la route. Je marche au moins deux kilomètres sans rencontrer âme qui vive si ce n'est ce cycliste. Ces bandes de maïs tantôt piétinées, tantôt aplanies et propres
m'intriguent beaucoup.
Du césame et de nombreuses plantations de peupliers parfaitement alignés.
Et près de ce camion chargé de sacs,
mon ami Zhou demande
où nous pourrions bien déjeuner
Quelques kilomètres et nous entrons dans une allée ressemblant à celle d'un château, plus loin entourés
d'immeubles et de maisons neuves et rutilantes sous leurs peintures fraîches, puis une grande place s'ouvree à nous et au coin un restaurant nous ouvre ses lanières de plastiques translucides.
il étaiut encore temps de prendre un repas. Une famille est attablée devant des bol de soupes. Zhou commande des poissons frits, un verre de lait de soja et des nouilles. Et nous avons partagé les frais. Je n'étais plus avec le guide lambda qui n'ose pas déjeuner
avec son client ! j'en ai eu pour treize yuan, ou un euro et quarante centimes.
Un autre chemin perpendiculaire et Zhou le prend, sa grosse voiture cahotant sur la piste de terre rouge. Après
un demi tour devant ces maisons, il me laisse partir, préférant rester dans la voiture. Il ne comprend toujours pas pourquoi, je veux tellement voir la campagne, et il a des souliers bien
cirés.
La joie des enfants sur le bord d'une mare, la joie des canards dans la mare, à chacun ses jeux d'eau.
Murs de briques cuites, ce qui ne rentre pas dans la cour est rangé sur les bas-côtés.
Les chemins , les porches, l'arrivage d'un charriot de maïs
Un ménage transfert son chargement de maïs d'un camion dans sa cour à l'aide d'une petite grue placée sur le mur
Dans une autre cour, une femme dégage les épis de maïs de leurs "pétales".
Quelques paysans viennent voir l'intru et le reçoivent avec le sourire.
Le coton et le maïs sont les seules récoltes du moment. Le coton est mis à sécher et peut-être à blanchir au soleil, il tape fort en ce moment.
Rencontre avec trois écolières. Elles me montrent leurs cahiers. Elles allaient à un cours d'anglais, et les pages étaient couvertes d'une belle et fine écriture
européene. Elles sont ravies de me vois m'extasier.
Arrêt auprès de madame Li Da Pien et de monsieur Lo Ma Pien qui écossent les fleurs de coton. Ils me proposent un tabouret et je m'assied avec eux. J'écoce moi
aussi et je reste une vingtaine de minutes. Le travail aidant, point n'est besoin de langage pour se
comprendre.
Me voici bientôt entouré de ces deux garçons dont celui du tee shirt jaune, Li Pang Juei, est un bavard impénitent.
Les outils sont rangés à l'entrée.
Remarquez le rateau à gauche
Comme il n'y a jamais de grange, ils se servent de leurs chambres pour entreposer la récolte.
Je quitte le village et m'en vais dans les champs. Les deux garçons de tout à l'heure ont rallié un troisième et ils me suivent ou me dépassent en jacassant. Puis
bientôt voyant que vraiment je ne comprends rien à rien, ils me laissent continuer seul.
Le cheval dételé en profite pour broûter les bords du chemin, et le gars s'en va dans le champs recueillir le maïs que sa femme (sans doute car je ne l'ai jamais vue) ramasse épis par épis, les
dégageant proprement. Malheureusement je ne peux le suivre car le sol exige des bottes. Leur petit garçon de trois ou quatre ans est avec eux et va de l'un à l'autre. C'est là, à la fin de mon voyagen, que j'acquiers la conviction que tous les Chionois que j'ai vu dans les champs de maïs, cueillent les épis à la main et les transportent
ainsi chez eux, chaque jour. D'où ces bandes de maïs coupés ou piétinés. Ils n'ont plus qu'à louer les services d'un propriétaire de tracteur pour travailler au broyeur et à la charrue,
transformant la bande en un terrain lisse comme la main, prêt à recevoir une nouvemlle plantation.
Ici le mari lave les cacahuètes dans le ruisseau, pendant que sa femme cherche dans la terre des graines qui auraient pu lui échapper.
Tiens, pour une fois un jeune ménage est resté à la campagne, ils ramassent leur coton dans la joie.
Il vient de dételer sa vache et la mêne broûter le long
diu chemin.
Cette femme semble glaner les épis qui n'auraient pas été ramassés.
Bourricots et chevaux sont nombreux
Mais des engins motorisés sont aussi utilisés
Et là, je tombe sur un père et son fils, et un autre homme peut-être le père du père. Ils reconstruisent un mur de leur ferme. J'ai l'impression qu'ils utilisent de
la terre pour lier les briques. Peut-être ont-ils ajouté un peu de chaud ou de ciment, mais vraiment peu.
La brouette chinoise toujours en fonction
Le père dans sa fonction de maçon
La nou nou grand mère
Encore un brouette, l'équilibre est sans doute
moins bon que celui des nôtres mais le
chargement est certainement plus important.
Monsieur Zhou a fait une bonne sieste dans sa voiture, pendant ces deux heures, en se réveillant il m'avoue n'avoir jamais vu un Français se passionner autant pour
la campagne.