Vendredi 20 novembre 2009
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22 septembre 2009 -
Les peupliers et le contreplaqué.
En fin de matinée, la route franchit une multitude de villages. La région semble riche. En tout cas, je
comprends pourquoi ils ont beaucoupde peupliers et là, plus qu'ailleurs. Sur le bord de la route, sèchent des feuilles de bois découpées. Elles proviennent de troncs dont on voit l'apport sur de
nombreux véhicules. Il y en a partout. Et une fois de plus, le soleil est mis à contribution. Malheureusement, nous semblons pressés et je ne peux faire arrêter le chauffeur. J'aurais bien aimé
entrer dans un ou deux ateliers de découpage. Les camions, et cette fois ce ne sont plus les triporteurs, sont de plus en plus nombreux, ils transportent soit des feuilles taillées pour les
convertir en contreplaqués, soit des chutes. Ces chargements tiennent la moitié de la route malgré les bâches qui sont sensés les maintenir. Les traversées de villages sont scabreuses, mais tout passe sans bruit, comme d'habitude. Pendant cette partie du trajet, la
vitesse excède rarement quarante kilomètres à l'heure !
La distillerie de Siyang
C'est à cause d'elle que nous sommes pressés. Le chauffeur qui est un homme plein de ressources, a comme ami, un
cadre de la distillerie de la petite ville de Siyang. Sans doute me trouve-t-il sympa car il s'est arrangé pour nous faire inviter à déjeuner dans le restautrant de l'entreprise. Une entreprise
dont le guide me dit qu'elle produit un alcool connu dans toute la Chine. Voilà vraiment les bonnes occasions d'un voyage. Vous partez le matin en sachant en gros de quoi sera fait la journée
et vous vous retrouvez invités sans autre "formalité". Formidable. Mais il me faut un temps pour comprendre, car après être entrés dans la ville, nous nous garons sur le parking d'un grand
hôtel.... ! Je croyais que, le déjeuner serait servi là. Mais non, le chauffeur va s'entendre avec le partron de l'hôtel. Nous restons cinq minutes dans le hall très achalandé. Puis, à pied
nous quittons l'endroit et nous pénétrons à côté dans l'enceinte d'une immense entreprise.
Comme il est midi, les ouvriers sortent des ateliers presque en rangs. Leur salaire mensuel est en moyenne de deux mille sept cents yuan, deux cent quatre ving euros, un bon salaire pour un
Chinois. Nous nous garons un peu plus loin.
Cette fois c'est pour de bon. Nos guides dont le patron de l'hôtel (!) nous font visiter l'un des hangars où se
concocte l'alcool. Sur la photo de 11h42 vous voyez des chaudières, elles commencent à faire chauffer à la vapeur un mixage de graines, riz, blé, sorgho, pour débuter leur fermentation. Sur la
photo de 11h44 vous voyez des espèces de matelas, ce sont des bâches qui recouvrent un lot de graines en fermentation et ce processus dure cinquante jours. Ensuite, cette "matière première" est
reprise et versée dans les alambics. Il en sortira l'alcool désirée. On en remplit des récipients métalliques qui seront entreposés dans la cave. Il en coulait
encore d'un des tuyaux, j'en ai donc goûté, un alcool blanc de bonne qualité.
Comme vous le constatez, il n'y a aucun engin à moteur. Toutes les manutentions se font à l'aide de charriots à bras. La production annuelle de cette unsine est de 10 000 tonnes. (mais je me méfie
du chiffre car, en chinois, il signifie aussi "beaucoup" !
Un regret, celui d'avoir vu ces ateliers sans ouvriers, Mais bon, c'est ainsi, l'heure n'est plus au travail. Et plus tard, il ne sera plus temps car il nous faudra reprendre la
route.
Voici le chauffeur sous le kiosque érigé il y a quelques années, pour contempler l'eau qui coule d'une source,
source importante puisqu'elle est à l'origine de la qualité de l'alcool. Evidemment cette source est miraculeuse, et évidemment on a créé cette rocaille pour accueillir la déesse qui forcément a
donné naissance à cette richesse dont profite toute la ville.
En tout cas, si je ne ressens pas immédiatement la richesse,
le parfum de l'alcool, lui, est bien
présent dès que l'on pénètre dans l'aglomération.
Le banquet
Nous sommes, alors, invités à passer à table. Le repas aura lieu dans le bâtiment administratif et nous sommes traités en VIP ! M. Huang, (je suis à sa droite
sur la dernière photo) l'ami du chauffeur, est cadre commercial de cette entreprise. Il a invité quelques autres de ses amis, dont deux cadres de Nankin et un couple de Siyang travaillant dans une
autre entreprise. A signaler que la jeune femme aurait été une poupée Barbie, elle n'aurait pas eu plus d'expresison pendant toute la durée du repas. Incroyable. Jamais un sourire, jamais un regard
à son mari, ses seuls mouvements furent ceux d'une de ses mains pour avancer et porter à sa bouche les baguettes.
Alors nous voilà autour de la table. Première attention des petites soubrettes, l'alcool qu'elles apportent dans des
pots de porcelaine. Elles en remplissent de minuscules carafes en verre posée à la gauche de chaque convive avec un verre à pied de la contenance d'un dé à coudre. Bien sûr, toasts sur toasts. Ce
n'est pas si souvent que l'on a un vieil Occidental à sa table. Et la chaleur de la conversation suit les quantités ingurgitées peu à peu. J'aime beaucoup ces verres liliputiens, les toasts peuvent
être innombrables avant de ressentir une certaine "évaporation". Le chauffeur, conscient de sa responsabilité ne boit rien. J'apprécie.
Puis les plats arrivent, j'en ai compté onze. Les petites soubrettes les apportent les uns après les autres, sans
aucun souci des bols des convives. Elles finissent par empiler les plats, les jattes et les saladiers, les uns sur les autres. Le plateau tournant en est submergé, il faut aller chercher pitance en
travers et en diagonale. Tout est délicieux. Un poisson relativement gros, aplati, bordé de nageoirs épineuses, gît dans un plat, cuit à la vapeur et sorti directement de la casserole ; pas facile
de trouer la peau pour piquer un peu de chair. Un foie gras de canard se présente, fameux. Le clou du repas est cette soupe à la tortue molle, j'insiste sur molle, qui arrive séparément pour chacun
des convives, dans un bol cylindrique : excellent. Et puis il y a des algues, des haricots noirs, du riz évidemment, des boulettes de viandes de diverses sortes, des oeufs mollets dans leur eau de
cuisson. Du thé bien sûr, il faut bien se rincer la bouche. Et des petits verres d'alcool, et encore des petitrs verres d'alcool. Evidemment je suis sous le feu de leurs questions ; je leur livre
quelques anecdotes de ma vie maritime. Eclats de rire après la traduction de chaque phrase par le guide, un bouchée de poisson ou une bequée de riz et on recommence. Puis sans rien dire, au bout
d'une grande demie heure, tout le monde se lève et c'est fini. Il n'y a pas eu de dessert, évidemment.
Et après un dernier toast, rapides poignées de mains avec toujours le même manque d'expression sur le visage de la
jeune dame, nous nous quittons vers deux heures pour reprendre nos occupations. Nous avons une centaine de kilomètres à parcourir avant d'atteindre la prochaine étape, Xuzhou.
Sur la photo de 11h57 mes deux acolytes, le chauffeur à gauche et le guide à droite.
Par Marc Soviche
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Publié dans : Le blog de Marc Soviche
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