23 septembre 2009
Après "l'escale" de Heze, nous avions directement roulé en direction de Jining. Nous l'avons atteint un peu tard
car la sortie de l'autoroute nous avait été masquée par un camion et du coup, vingt kilomètres supplémentaires dans les deux sens pour poser le sac à l'hôtel.
Voici le hall de l'hôtel. En dépit de sa grandiloquence, les jeunes femmes de l'accueil répondaient toujours non
: pas de business center, pas de restaurant, "mei wo". La chambre était identique à toutes celles qui m'avaient été bookées, assez de prises de coutrants pour recharger mes appareils, une salle
de douche très corrrecte et un lit où je dors bien malgré le matelas d'une dureté exceptionnelle.
Le dîner avait eu lieu dans le restaurant d'â côté. Et le petit déjeuner idem. Il faut juste traverser la place qui n'estbordée que par les deux bâtiments. Elle est vide si l'on ne parle pas
des quelques personnes qui convergent pour prendre le thé du matin : légumes revenus dans l'huile, oeuf dur, deux tranches de pain avec de la confiture, des tranches de pastèque, des quartiers
de poires servis épluchées, et deux verres de café, "délice" rare.
Nous prenons la route avec une nouvelle voiture, une quatre quatre conduite par le responsable d'une agence de tourisme du Shandoung, plus âgé que la moyenne, dans les cinquante cinq ans. Il
est seul groupant en lui le chauffeur et le guide, très francophone. C'est le seul guide parmi ceux de mes trois cvoyage qui avait été en France et en Belgique. Nous serons ensmlble pendant les
derniers jours et il ne saura que faire pour assurer mes moindres désirs.
Nous partons aussitôt la dernièère bouchée avalée, et il faut sortir de la ville. Mon ami Zhou a bien une carte,
mais il lui faut s'arréter souvent pour demander la direction. J'en profite pour m'intéresser à ce que je vois sur les trottoirs. C'est toujours l'heure du petit déjeuner et les commères sont à
faire la cuisine sur des tables sorties pour l'occasion. Un père attend je ne sais quoi son fils dans les bras.
Des hommes d'un certain âge discutent une canne à pêche à la main. Il fait déjà chaud.
A la sortie de la ville, nous raversons le Grand Canal. Le lieu est industriel et beaucoup de bateaux attendent
peut-être une heure plus tardive pour appareiller. Mais beaucoup ont l'air à l'arrpet, peut-être pour réparation ou en attente de chargement.
Les rives sont entièrement cultivées.
Au loin une centrale thermique dont Zhou m'assure qu'elle est chauffée au charbon.
Nous voici partis. Rapidement nous entrons dans la province du Shandoung dont Zhou me vante les qualités et
surtout sa richesse par rapport à l'Anhui la dernière province qui est la plus pauvre de la Chine. Effectivement les villages sont plus pimpants. Toujours les mêmes routes, bordées des mêmes
trottoirs très larges. La chaussée est excellente et les maisons semblent peintes de neuf.
Pour un village, c'est très aligné, mais c'est chinois !
Ah ! voilà un marché de fruits. J'ai subitement une envie de bananes. C'est le seul fruit que je mange cru, avec
les tranches de pastèques au restaurant, mais celles-là ont dû être lavées à la cuisine !!! Hope so ! Les bananes sont donc les seuls fruits que j'achète sur la rue.
Et je ne suis pas déçu, les commerçants se trouvent au débouché d'un chemin de traverse. Ici, de nouveau les récoltes sèchent sur la rue, étendues à grand renfort de rateaux de bois, les
paysans décortiquent les épis de maïs à la main, d'autres aèrent les fannes avec des fourches aux grandes dents.
Entre deux villages, des couples arrachent le maïs de leur lopin de terre. Sourire d'incompréhension plus que
d'accueil. Ils se relèvent pour me dire bonjour Les fanes sont laissées à même la terere et un tracteur passe ensuite pour les broyer et nourrir ainsi la glèbe.
Le tracteur travaille dans les zones planes. Mais que dire de cette culture dans un fossé.
Vraisemblablement une culture sauvage, je ne pense aps que ce bout de terre soit alloué réglementairement. Il y a si peu de terre arable !
Si peu que les vaches sont maintenues dans des enclos construits à la hâte. Comme est réhaussé ce mur de pierres
sèches.
Là comme ailleurs, des récoltes, récolte d'un jour sans doute sèchent dans une cour ou sur le
chemin.
Les peupliers sont toujours là. Un tronc particulièrement fin. Quelques jours au paravant je les avais vu pliés
non par le vent mais par le simple poids de leurs touffes de branches et de feuilles.
Ces pasants n'expriment pas grand chose ! Voyez-y, pourtant, un sourire rentré, il ne va pas tarder à éclairer
le visage.
Le futur tyran de sa mère.
Presque uniques moyens de transport ou de locomotion
Ils caquètent en cahotant dans la boue, peut-être les seuls qui se sentent bien dans cet univers de
fange.
Ils ont aussi de gros moyens.
Voici l'entrée du restaurant que nous avons fini par trouver bien après midi. Lorsque l'on manque
l'arrêt à onze heures eu demie, il est difficile de trouver une échope ouverte.
Après le repas, Zhou m'emène visiter une espèce d'ancienne chambre de commerce où les négociants et les riches
mandarins du Shanxi et du Shaanxi négociaient les prix et les apports de marchandises, souvent des grains. Le bâtiment construit à l'époque Ming est en effet proche du Canal. Nous parcourons
les cours et les salles dont seuls les murs et les toits à écailles sont maintenus en état. Le reste est dans un délabrement qui fait peine à voir.
Et pourtant, la boutique est là qui vend des livres, des tableaux, des estampes, des colifichets et des statuettes de bouddhas. Une personne découpe des cartons suivant la mode ancestrale. Mon
attention se porte sur un livre enfermé dans un écrin cartonné. Ses pages le sont aussi sur lesquelles sont collées des papiers découpés représentant les douze jeunes filles dont le roman de
Cao Xueqin raconte la vie, "Le Rêve dans le Pavillon Rouge". Je profite de la déchirure de l'écrin pour le marchander honteusement. Finalement cela doit plaire à la vendeuse puisque je peux
photographier son visage rayonnant. (la présence de papier découpé est signalée dans le trésor des grottes de Dunhuang, ils dateraient des environs de 950, ceci est mentionné dans l'ouvrage de Jean Paul Roux, "L'Asie
Centrale, Histoire et Civilisation à la page 251)
Malheureusement ce havre de paix, cache l'activité qui a dû exister pendant des siècles quand les tractations se
concluaient ici. Entre les salles, les impluvium et les cours paraissent un peu à l'abandon. Je pense que malgré les bras qui ne manquent pas en Chine, la ville ne juge pas utile de dépenser
des yuan pour nourrir des gens dont le travail ne ferait la joie de très peu de touristes.
Quand nous repartons, la circulation redevient telle que la viotesse n'excède jamais vingt ou trente kilomètres
à l'heur. Ici se sont des oiseaux en cages promenés par un cycliste. Il leur fait prendre l'air.
Là ce sont quatre personnes dont un bébé sur une moto
Nouvelle visite dans l'après midi. Le musée de la ville de Liaosheng. Ci-dessous la maquette de la ville et l'on
voit l'ancienne entourée d'eau et de forme carrée. Le Grand Canal passe à la limite de la ville nouvelle.
Le musée est clair et bien disposé. Les salles se répartissent sur quatre étages, mais je ne visiterai que les
deux les deux du haut qui parelent du Grand Canal avec une présentation de tous les canaux maritimes dans le monde, au quatrième étage. Nous avons pris l'aide d'une petite guide appartenant au
musée et qui parle anglais. Aussi mes deux guides ne sont-ils pas peu surpris de m'entendre dire devant les illustrations des canaux de Kiel, de Panama, de Suez, sur celui qui relie le Saint
Laurebnt aux Grands Lacs, que je suis passé de nombreuses fois sur ces voies mariutimes.
Heureusement , je ne suis pas passé par le canal de Corinthe !
Le troisième étage est consacré exclusivement à l'histoire de la constructiion du Grand Canal. Mais à partir de là, nous sommes regardés, je suis regardé de loin et de près par un gardien, qui
prend son rokle au sérieux : interdiction de prendre des photos. Je ne prends que les panneaux explicatifs. Ce système qui maintenant conduit par la large voie d'eau que j'ai lobngé les jours
précédents a une longue histoire. Son exécution débuta dans les années 400 avant Jésus Christ pendant la période Printemps et Automne. Il se résolvait en la communication de quelques rivières.
Puis sous la dynastie de Cao Wei, le gouvernement commença à entretenir le système d'une manière
continue. Quand le pays fut totalement unifié l'empereur Wen des Sui décida entre 605 et 610 de notre ère d'ouvrir une grande voie d'eau pour relier la
région de ce qui est maintenant Pékin et celle autour de la ville qui est devenue Hangzhou.
La dynastie des Tang eouvra pour ouvrir la section très difficiele de Sarman.
Sous les Yuan, le canal continua à s'agrandir vers le Sud et l'administration du canal fut instituée. Peu à peu de grands fonctionnaires furent mis en poste pour ne s'occuper que de la gestion
et de l'entretien de cette voie de communication qui devint indis^pensable à l'économie de la Chine, reliant la zone Sud riches en céréales à la zone Nord perpétuellement en armes.
Puis les Ming et les Qing firent que le Grand Canal obtint la configuration actuelle. De nombreuses villes et provinces s'enrichirent du commerce qui transitait sur le canal.
Ci-dessus, un patchwork des diverses arrivées d'Occidentaux. Ils ont voyagé sur le Grand Canal. On reconnait
Marco Polo, (il est omniprésent), et des missionnaires autant prètres que soeurs. D'après ce que j'ai compris aucune mention péjorative ne leur est associée. Par contre ni l'époque de la guerre
avec le Japon, ni l'époque de la révolution culturelle ne sont mentionnées, sans doute le canal était-il indispenable à toutes les parties dans ces atroces conflits. Peut-être aussi que les
Chinois actuels ne veulent plus en entendre parler.