Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /Oct /2009 16:25

Dévidage des cocons de soie.

 

A la sortie du Jardin du Maître des Filets, nous nous rendons directement dans un atelier consacré au dévidage des cocons de vers à soie.
Cette fabrication prend effet à partir de cocons apportés par les paysans. Ces derniers ont élevés les vers à soie à l'état de larve grâce aux feuilles de mûriers qu'ils cultivent. A la fin du processus, le paysan pousse les larves, les vers à soie, transformés en chrysalides à s'accrocher à des faisceaux de branches d'arbustes.


Une fois que le processus de coconage est bien en route, ils les apportent en temps voulu à l’atelier.

Le travail de dévidage commence alors.






Le classement des cocons est le premier stade du dévidage des cocons. Les vers à soie à cause de leur différence individuelle et de la différence de l’environnement dans lequel sont produit la soie et la fabrication du cocon, font que les cocons ne sont pas de la même qualité, certains peuvent être utilisés pour le dévidage d’autres y sont impropres.

Le but du classement des cocons est de séparer les cocons qui pourront être dévidés de ceux qui ne pourront pas l’être. Les cocons clairs et blancs, d’un bel éclat, d’une enveloppe d’une épaisseur uniforme, ainsi que d’une forme et d’une taille soignées sont appelées de cocons de premier choix et seront utilisés pour le dévidage.

Les cocons doubles sont généralement utilisés pour fabriquer des couvre pieds en bourre de soie.

Les cocons tachés de points jaunes, les cocons perforés, les cocons éclatés, les cocons en forme de bourre doivent être rejetés.

Nous entrons d'abord dans une salle de conférence où, sur la table, sont placées dans des éprouvettes les larves, puis les chrysalides, puis les cocons, en somme les divers stades auxquels passe l’insecte : l'oeuf pondu par le bombyx, le vers après dix jours, puis vingt jours, puis la mise en cocon et le cocon lui-même. Le cocon est terminé quand la chrysalide a produit 1500 m de fil de soie en s’enroulant dedans.


Les cocons sont triés, la plus part sont jugés aptes à être dévidés par une personne qui les trie l’un après l’autre.


Ils sont alors placés dans une goulotte d'acier inoxydable contenant un courant d'eau très chaude qui a deux effets, tuer la chrysalide, et faire fondre les parties graisseuses du cocon. Les cocons ainsi lavés sont regroupés par huit dans un bol, toujours dans l’eau chaude.

Une autre ouvrière tire délicatement les extrémités des fils de ces huit cocons. Elle les colle ensemble sur l’axe d’une bobine où les huit fils sont doucement enroulés. Cet ensemble devient alors le fil de soie, extrêmement solide.

 

Il faut soixante heure pour que la bobine soit pleine. Pourtant, chaque cocon est dévidé bien avant cela. Ils sont constamment surveillés. Quand l'un d'eux devient transparent, on voit la chrysalide morte à l’intérieur, il ne peut plus produire de fil, alors l’ouvrière le sectionne avec l'ongle et le remplace par celui d’un cocon neuf. D'après ce que m'a fait constater Ling, la guide qui avait pris trois semaines de son temps pour suivre à fond les opérations, les fils se collent très facilement les uns aux autres d’après ce que j’ai constaté.

 

Quatre bobines sont brassées ensemble pour constituer un écheveau qui servira au tissage, dernier stade de la fabrication de la soierie que nous ne verrons pas.

 


Mais tous les vers à soie ne produisent pas chacun un cocon. Il arrive que deux chrysalides se mettent ensemble pour s’enfermer dans un seul cocon qui de ce fait est produit pas deux fois 1500 mètres de fil de soie.

Il s'agit de 3% du total. Ils ne peuvent évidemment être traités de la même façon. Jusqu’en 1927, ils étaient purement et simplement jetés, les deux fils inextricablement mêlés l'un à l'autre. Depuis, on s’en sert mais différemment : ces cocons sont coupés de manière à en faire des poches, les deux chrysalides mortes sont jetées et les cocons mis en forme de poche sont étendues sur un arceau de petite taille puis sur un plus grand où l’on en glisse six l’un sur l’autre. Cet ensemble est enfin étiré (avec beaucoup d’huile de coude !) par des ouvrières jusqu’à en faire des couvertures Elles pressent plusiseurs de ces poches séchées en les plaçant les unes sur les autres.

 

Enfin, certains cocons ont été pris trop tard et le papillon en est sorti. Evidemment, il a percé un trou, mais c’est sa vie ! Parfaitement inutilisable, ce cocon est jeté à la poubelle. Le papillon qui est gardé en vie n’a de cesse alors de trouver sa copine ou son copain, ils s’accouplent et meurent une fois que les œufs sont pondus.

Quelle vie. Mais il faut bien de la graine !

 









Très instructif, mais d'un autre point de vue, celui des conditions de travail, c’est plutôt l’enfer de Dante, les ouvrières vivent dans la vapeur, l’humidité et la chaleur, et les mains continuellement dans l’eau chaude !

 

 

 

 

Par Marc Soviche - Publié dans : Le blog de Marc Soviche
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  • : Voyages en général dans la campagne chinoise. Le dernier en septembre 2009. La ville de Jingdezhen où a commencé la fabrication de la porcelaine, puis la soie à Suzhou, puis la campagne en remontant le long du Grand Canal Impérial jusqu'à Pékin tout en marchant à droite et à gauche.
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